Liger : quand une petite ville bretonne mise sur les énergies renouvelables

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Locminé, petite ville nichée au cœur du Morbihan, a choisi de s'illustrer en accueillant sur son territoire un centre d'énergies renouvelables unique en Europe. Et son inauguration, prévue vendredi 4 novembre dans l'après-midi aura les honneurs du président de la République lui-même, pour mettre en avant ce pôle aux six énergies vertes.

NKM a visité le site de Liger le 21 septembre 2016, en compagnie du maire de Locminé Grégoire Super. ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
NKM a visité le site de Liger le 21 septembre 2016, en compagnie du maire de Locminé Grégoire Super. ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

"Notre fil conducteur, c'est la réduction des émissions de CO2", résume simplement le directeur général de Liger, Marc Le Mercier, qui n'en finit pas de lister les "inédits" de ce projet lancé en 2011. Alors que le changement climatique s'accélère, les 15.000 habitants du territoire de Locminé ont décidé de passer à l'action en valorisant les ressources naturelles locales. Bilan : une fois Liger lancé à plein régime, la ville de Locminé compensera les 18.000 tonnes de CO2 qu'elle émet chaque année.

Aux prémices du projet, se souvient Grégoire Super, maire de Locminé et président de Liger, "nous avons été pris pour des fous (...). Qui aurait pu imaginer, il y a dix ans, que notre commune serait dans peu de temps autonome en énergie, en utilisant les déchets que nous produisons pour nous chauffer, nous éclairer, alimenter nos véhicules ?"

Liger, qui emploie 15 salariés, a coûté quelque 14,5 millions d'euros. Une somme supportée d'un côté par la commune, le département, la région et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, l'Ademe, de l'autre par des entreprises privées comme les groupes agroalimentaires Jean Floc'h et D'aucy.

Liger est le premier site en France à coupler chaudière bois et unité de méthanisation, le tout pour produire à lui seul six types d'énergies vertes : électricité, chaleur, biocombustible, carburant Bio GNV, biofertilisant et aussi du biométhane qui sera réinjecté dans le réseau de gaz. Liger est aussi le seul en Europe à valoriser jusqu'à 42 types de déchets, selon les responsables du projet.

MISE EN ROUTE PROGRESSIVE

"Simone", comme les salariés du site ont rebaptisé la fringante chaudière bois, est opérationnelle depuis 2012. Sur son corps en acier rouge et noir se sont greffées quelques étranges libellules : ces magnets, ainsi que quelques oiseaux en bois, viennent rappeler le partenariat tissé par Liger avec la Ligue de protection des oiseaux à qui la société a confié la partie forestière de son site pour y créer un refuge.

Le foyer de la chaudière est approvisionné par du bois d'élagage provenant de la forêt morbihannaise et de rebuts de scierie. La chaleur produite est utilisée via un réseau de deux kilomètres pour le chauffage et les besoins en eau chaude d'installations publiques (collège, piscine...) et privées, ainsi que pour des habitations.

A quelques dizaines de mètres, l'unité de méthanisation et ses deux "digestoirs", deux énormes cuves vert bouteille de 25 mètres de haut. L'unité montera en charge à partir du 14 novembre.

Elle sera alimentée par 60.000 tonnes de matières organiques : 48.000 tonnes de déchets de l'agro-industrie locale, notamment les cosses et fanes de légumes de l'entreprise D'aucy, 8.000 tonnes d'excédents agricoles, comme le lisier des élevages porcins, et 4.000 tonnes de boues et effluents provenant des stations d'épuration.

"JUSTE UNE HISTOIRE QUI COMMENCE"

La méthanisation est un processus de fermentation des déchets organiques en milieu anaérobie (sans oxygène) qui produit du biogaz. Les résidus de cette fermentation - le digestat - seront récupérés au bout de 55 jours et transformés en fertilisant et combustible.

Ce combustible, le Bio GNV, qui n'émet quasiment pas de particules fines, sera ensuite utilisé dans les trois camions "verts" qui achemineront les déchets collectés dans un rayon de moins de 20 kilomètres. "La boucle est bouclée et recommence à l'infini", se réjouit-on chez Liger, fiers de cette économie circulaire.

Mais pour Marc Le Mercier, Liger, "c'est juste une histoire qui commence". Le responsable du projet prépare déjà le futur, avec bientôt sur le site une production électrique à plus grande échelle, les biotech, le numérique... Et ce rêve pas si fou du "premier data center breton avec une empreinte carbone nulle".

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  • M2286010 il y a un mois

    Liger, 15 salariés, fait se déplacer le président de la République ! Ce clown ne sait vraiment plus où aller pour se faire mousser ! Lamentable ! Il ne saurait même pas diriger une entreprise de 15 salariés et pèse (lourd) sur l'économie d'un pays de 65 millions de personnes...

  • fquiroga il y a un mois

    Va pas durer... nos chers enarques vont très vite les taxer (pour sauver l'Areva et EDF de leur cher, très cher Nuke)

  • rclaveau il y a un mois

    Oui mais non. Je suis du coin (Morbihan). Ce centre est tout sauf à développement durable. Tout ce qui est mis dedans vient de l'agriculture ultra productiviste de D'Aucy, avec des tonnes de fertilisants et de phytosanitaires. Par ailleurs les restes des exploitations avicoles et porcines ont comme origine du soja OGM venant du Brésil et Argentine. Quant au méthaniseur, la réaction est très dépendante de la température. La Bretagne n'est pas la meilleure région.

  • M1077042 il y a un mois

    fonroche le fait aussi

  • lutz12 il y a un mois

    S'agissant d'Europlasma, c'est dans le projet: sur l'ex site "DOUX". On attend la F.A de Morcenx fin 2016

  • ericlyon il y a un mois

    Intéressant à condition que les coût ne soient pas (trop) supérieurs aux gains. C'est toujours ce qui manque dans ce genre d'article une balance coût/gain.

  • mauralph il y a un mois

    N'oublions pas que Europlasma fait aussi parti du projet

  • npi6711 il y a un mois

    chapeau bas, pas assez d'initiative dans ce sens, la tendance s'accelère dans le renouvelable c'est une evidance