Liga: le Barcelone de Tito sur la lancée de celui de Pep

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LE BARCELONE DE TITO SUR LA LANCÉE DE CELUI DE PEP
LE BARCELONE DE TITO SUR LA LANCÉE DE CELUI DE PEP

par Iain Rogers

MADRID (Reuters) - Loin de se laisser déstabiliser par le départ de Pep Guardiola, Barcelone a remporté l'un des titres de champion d'Espagne les plus faciles de son histoire sous la direction de Tito Vilanova qui a conduit le club catalan à son 22e sacre malgré un cancer.

Aucun club espagnol n'avait remporté la Liga avec quatre matchs à jouer depuis le Barcelone de la saison 1997-1998.

Et, si Lionel Messi et ses coéquipiers gagnent leurs quatre derniers matches, ils égaleront le record de 100 points en une saison établi l'année dernière par le Real Madrid de Cristiano Ronaldo.

Ce quatrième titre en cinq ans rappelle les quatre sacres d'affilée de 1991 à 1994, quand le Néerlandais Johan Cruyff avait formé autour de Guardiola et de ses coéquipiers de l'époque la fameuse "Dream team".

Cette saison, alors que Pep Guardiola s'accordait une année sabbatique à New York, le Barça a récolté plus de points dans la première moitié de la saison qu'aucune autre équipe par le passé, avec 55 unités empochées sur 57 possibles.

A ce moment-là de l'année, l'Atletico Madrid était à la traîne, avec 11 longueurs de retard. Quant au Real, le champion sortant, il avait déjà 18 points de retard...

En nommant Tito Vilanova, adjoint et ami proche de Pep Guardiola, les dirigeants madrilènes ont fait le choix de la continuité. Et Lionel Messi, en excellente forme jusqu'à sa blessure à la cuisse droite début avril, a facilité cette transition en douceur.

Sur un but contre le Celta Vigo fin mars, l'attaquant argentin est devenu le premier joueur à avoir marqué contre chacune des 19 autres équipes de Liga au cours de la même saison.

Sa blessure aux adducteurs l'a privé de plusieurs derniers matchs de Liga et l'a surtout empêché de jouer pleinement son rôle en Ligue des champions. Mais le record de 50 buts qu'il a établi la saison dernière reste à sa portée. Son grand rival, le Madrilène Cristiano Ronaldo, est à plus de dix longueurs.

La performance de l'avant-centre du Real a été à la mesure de celle de son club qui avait entamé la défense de son titre sur deux défaites et un nul dans ses quatre premiers matches mais avait arraché un 2-2 dans la première manche du Clasico, au Camp Nou, en octobre.

JOIE ET FRUSTRATION

Une série d'articles sur des désaccords entre l'entraîneur José Mourinho et certains membres de l'équipe n'ont pas arrangé les choses surtout quand Ronaldo a exprimé son malaise laissant entendre qu'il était sur le départ.

Mourinho a reconnu que son équipe constituée à grand frais semblait manquer de motivation contre les adversaires de moindre qualité et souffrait d'une "malédiction de l'Andalousie".

Quatre de ses cinq défaites sont venues de clubs de cette région du sud de l'Espagne : Séville, Grenade, Malaga et le Real Betis.

La baisse de régime de Ronaldo n'est pas la seule cause des difficultés du Real car ses partenaires en attaque, Karim Benzema et Gonzalo Higuain, n'ont guère été prolifiques avec 23 buts à eux deux après 36 matches contre 42 au même stade la saison dernière.

Dans le même temps, Barcelone avait marqué le pas au début de la seconde moitié de la saison et avait été ébranlé par la rechute de Vilanova, parti se faire soigner de son cancer à New York.

L'année des Catalans a ainsi commencé par une défaite 3-2 à la Real Sociedad en janvier. Ils ont depuis perdu 2-1 au Real et concédé des nuls à Valence et au Celta Vigo et à Bilbao.

Le Real a fait une croix sur le titre et s'est concentré sur les autres compétitions.

Fin février, il a réussi à sortir Barcelone de la Coupe du Roi grâce à une belle performance au Camp Nou, quelques jours avant de battre son rival 2-1 à Santiago Bernabeu, en Liga.

Vilanova, lui, est revenu en Espagne au printemps pour superviser les dernières semaines de la saison.

Le nouveau titre acquis avec pour l'instant une avance de dix points sur le Real à trois journées de la fin va certainement être accueilli avec des sentiments mitigés parmi les joueurs, dirigeants et supporters du Barça.

Il y aura de la joie, bien sûr, et sans doute sera-t-elle décuplée par les progrès de Vilanova dans sa lutte contre le cancer et le succès de la greffe du foie subie par Eric Abidal.

Mais il y aura aussi de la frustration de ne pas avoir réussi à décrocher un troisième sacre européen en cinq ans et, surtout, d'avoir été si durement corrigé par le Bayern Munich en demi-finale.

Après le 4-0 de l'aller, les Bavarois qui ont multiplié les records cette saison en Bundesliga l'ont emporté 3-0 au retour.

Cet échec cuisant a laissé des traces et une refonte en profondeur de l'effectif a été évoqué, même si le Barça continue et continuera de s'appuyer sur son centre de formation.

L'état de santé de Vilanova interroge aussi, et des critiques l'ont visé, laissant entendre qu'il n'avait pas su réagir lorsque l'équipe s'est retrouvée sous pression.

Pour autant, avec Messi et consorts dans ses rangs, le Barça ne devrait pas tarder à retrouver les sommets européens. En attendant, il a déjà regagné celui de la Liga.

Jean-Paul Couret pour le service français, édité par Grégory Blachier

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