Libye-Les membres du gouvernement d'union dans les rues de Tripoli

le , mis à jour à 22:07
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    par Hani Amara 
    TRIPOLI/BRUXELLES, 1er avril (Reuters) - Arrivés mercredi à 
Tripoli, le chef du gouvernement d'union nationale Fayez Seraj 
et plusieurs de ses ministres se sont rendus pour la première 
fois vendredi dans les rues de la capitale libyenne, où ils 
cherchent à rallier l'opinion. 
    L'installation de ce gouvernement d'union soutenu par les 
Nations Unies rencontre de vives résistances de la part des deux 
autres gouvernements rivaux qui s'opposent dans le pays depuis 
l'été 2014, l'un à Tripoli, l'autre à Beïda, dans l'est de la 
Libye. 
    Fayez Seraj et plusieurs membres du Conseil présidentiel ont 
quitté la base navale d'Abousita, où ils se trouvent depuis leur 
arrivée de Tunisie mercredi, pour aller prier dans une mosquée 
du centre-ville. Ils ont rencontré des habitants sur la 
grand-place de la capitale avant de regagner la base navale. 
    Le gouvernement dit de "salut national" qui est dirigé par 
Khalifa Ghwell à Tripoli avait vainement tenté pendant plusieurs 
jours d'empêcher Fayez Seraj de gagner la capitale, en fermant 
notamment l'espace aérien. Finalement, le Conseil présidentiel 
est arrivé par la mer, à bord d'un navire de la marine libyenne. 
    Dans un communiqué diffusé jeudi soir, le gouvernement 
Ghwell a adopté un ton plus modéré envers le Conseil 
présidentiel. Il a souligné que son opposition s'exercerait "par 
des moyens pacifiques et légaux, sans recours à la force ni 
incitation à la violence".  
     
    RENCONTRES   
    "Nous ne nous accrocherons pas au pouvoir", a-t-il ajouté. 
"Je demande que les révolutionnaires, la société civile et les 
autorités religieuses aient l'occasion de prendre les décisions 
nécessaires pour éviter un bain de sang et trouver une solution 
à la crise libyenne", a ajouté Khalifa Ghwell.  
    Depuis mercredi, le Conseil présidentiel qui a mis en place 
le gouvernement d'union a rencontré à Abousita des dirigeants 
politiques, des députés, des hommes d'affaires et des banquiers, 
afin de s'assurer leur soutien pour s'installer durablement dans 
la capitale. 
    Un responsable du ministère des Affaires étrangères à 
Tripoli a déclaré que les forces de sécurité fidèles au Conseil 
présidentiel assuraient désormais la sécurité des bâtiments du 
ministère et que le ministre nommé par le gouvernement de salut 
national avait quitté son poste sans heurt. 
    La situation dans les autres ministères n'est pas claire 
mais un porte-parole de la compagnie pétrolière nationale NOC a 
apporté son soutien au nouveau gouvernement d'union. 
    La situation est calme à Tripoli depuis mercredi. Une 
manifestation en faveur du gouvernement Seraj a rassemblé 
plusieurs centaines de personnes vendredi sur la place des 
Martyrs. 
     
    SANCTIONS EUROPÉENNES  
    Une dizaine de villes de l'ouest du pays se sont prononcées 
en faveur du gouvernement d'union nationale. "Les municipalités 
de la côte occidentale sont conscientes du fait qu'il s'agit 
d'une étape critique", ont-elles déclaré. "Nous appelons tous 
les Libyens à s'unir et à soutenir le gouvernement de l'accord 
national." 
    A Bruxelles, les noms de trois responsables libyens hostiles 
au gouvernement Seraj ont été ajoutés vendredi à la liste des 
personnalités qui font l'objet de sanctions européennes. 
    Les trois personnalités supplémentaires visées par le gel 
des avoirs sont Khalifa al Ghwell, Nouri Abusahmain, président 
du Congrès général national (CGN), le Parlement de Tripoli, et 
Aguila Saleh, président de la Chambre des représentants, 
l'assemblée qui siège à Tobrouk, dans l'est du pays. Cette 
dernière refuse d'accorder sa confiance au gouvernement d'union. 
  
    Les puissances occidentales comptent sur le nouveau 
gouvernement pour dissiper la menace de l'Etat islamique (EI), 
qui a profité du vide politique pour prendre pied en Libye, 
s'emparant notamment de Syrte, ancien fief de Mouammar Kadhafi.  
    Le Conseil de sécurité de l'Onu a appelé le Conseil 
présidentiel à "commencer immédiatement son travail à Tripoli 
pour élargir la base de ses soutiens, relever les défis 
politiques, sécuritaires, humanitaires, économiques et 
institutionnels qui se posent au pays et faire face à la menace 
croissante du terrorisme".  
 
 (Avec Ahmed Elumami et Francesco Guarascio; Jean-Philippe 
Lefief, Marc Angrand et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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