Libye-La Cour suprême juge le parlement inconstitutionnel

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(Précisions, contexte) LE CAIRE, 6 novembre (Reuters) - La Chambre des représentants, parlement libyen élu en juin et seul reconnu par la communauté internationale, a été jugé inconstitutionnel par la Cour suprême libyenne. La Chambre, dominée par des libéraux et des fédéralistes à l'issue des élections du 25 juin, s'est installée à Tobrouk, dans l'Est, quand Tripoli est tombée en août aux mains de miliciens de Misrata, ville de l'ouest du pays. Ces derniers, rassemblés au sein de "l'Aube libyenne" et considérés comme proches des islamistes, ont rétabli à Tripoli l'ancien parlement, le Congrès général national (CGN), et formé un gouvernement parallèle qui a pris les commandes des institutions nationales, ce qui jette le doute sur l'impartialité de la Cour suprême. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi fin 2011, la Libye est plongée dans le chaos et voit s'affronter des factions rivales autrefois alliées, lorsqu'il s'agissait de renverser le "guide". Pour motiver sa décision sur la Chambre des représentants, la Cour suprême, dans un jugement retransmis à la télévision, a affirmé que la commission qui a préparé les élections de juin avait violé la Constitution provisoire du pays. Plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues de la capitale pour célébrer l'arrêt de la Cour. Sur le terrain, les violences se poursuivent. Mardi et mercredi, des hommes armés se sont emparés du gisement pétrolier d'El Charara, dans l'erg de Mourzouk (sud-ouest du pays), illustrant l'incapacité du gouvernement de Tobrouk d'assurer son contrôle sur les installations pétrolières. Les installations d'El Charara ont été fermées à la suite de cette attaque. Depuis un an, des tribus rivales se sont livrées à des violences dans cette région et ont mis en demeure les autorités de répondre à leurs exigences politiques et financières. Selon plusieurs sites internet libyens, les assaillants seraient liés à l'"Aube libyenne" et aux miliciens de Misrata. Jeudi, ils avaient déjà quitté le gisement d'El Charara et un responsable libyen a dit espérer pouvoir relancer très vite la production, à condition de trouver un accord avec les tribus locales. La fermeture d'El Charara fait perdre à la Libye environ 200.000 barils par jour, soit environ un quart de la production totale. (Ulf Laessing, Omar Fahmy et Ahmed Elumami; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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