Libye-L'aéroport de Tripoli en partie détruit

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par Heba al Shibani et Ahmed Elumami TRIPOLI, 24 août (Reuters) - Un incendie a détruit dimanche le terminal du principal aéroport de Tripoli, la capitale libyenne, pris la veille par des miliciens islamistes venus de la ville de Misrata, ont rapporté des témoins. Des avions de chasse non identifiés ont aussi visé plusieurs cibles sur Tripoli, ont dit des habitants qui ont entendu des explosions à l'aube. Aucune autre information n'est disponible dans l'immédiat sur ces affrontements, qui figurent parmi les plus violents en Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. On ignorait notamment qui avait mis le feu au terminal de l'aéroport, les partisans de chacun des deux camps rejetant la responsabilité de l'incendie sur l'autre dans des messages publiés sur les réseaux sociaux. Le principal bâtiment de l'aéroport a été complètement détruit par le feu, ont dit des témoins. Tous les avions stationnés devant ont été endommagés, tout comme des habitations et des immeubles de bureaux situés sur la route conduisant à l'aéroport. Une milice dénommé "Opération aube", composée principalement de miliciens de Misrata, a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de l'aéroport, après plus d'un mois de combats contre des miliciens de Zentane, appuyés par d'anciens membres des forces de Mouammar Kadhafi. ID:nL5N0QT0Z1 L'aéroport avait pourtant été déserté dimanche, les forces de la milice de Misrata étant déployées sur la route qui y conduit tandis que celles de la milice de Zentane étaient invisibles. Les deux milices étaient alliées avant la chute de Mouammar Kadhafi mais elles sont entrées en conflit par la suite et les combats qui les opposent ont transformé certaines parties de Tripoli en champ de bataille ces derniers mois. Le gouvernement central, lui, faute d'une armée réellement opérationnelle, doit s'appuyer sur les milices pour tenter de faire régner l'ordre. Les miliciens sont ainsi payés et équipés par l'Etat mais restent sous les ordres de leurs propres officiers. Le général rebelle Khalifa Haftar, qui a déclaré la guerre aux milices islamistes, a annoncé être à l'origine des raids aériens sur Tripoli de samedi ainsi que de ceux de lundi dernier. Des experts ont cependant exprimé des doutes sur la capacité de la chasse libyenne à mener de telles opérations. Les miliciens de Misrata ont de leur côté accusé l'Egypte et les Emirats arabes unis, deux pays qui ont lancé une répression contre leurs propres islamistes. Le Caire a démenti. Le gouvernement libyen a dit ne pas savoir qui est à l'origine de ces attaques. (avec Feras Bosalum, Ayman al Warfalli et Ulf Laessing,; Tangi Salaün et Marc Angrand pour le service français)

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