Libye-Ayrault va plaider pour des sanctions de l'UE

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    PARIS, 10 mars (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a déclaré jeudi 
qu'il s'apprêtait à plaider pour des sanctions contre des 
responsables libyens coupables à ses yeux d'entraver le 
processus de formation d'un gouvernement d'union à même de 
lutter contre l'organisation Etat islamique. 
    "Il y a urgence. Si on veut trouver les solutions pour 
combattre Daech et soutenir les Libyens, (encore) faut-il qu'ils 
aient des autorités légales reconnues par la communauté 
internationale", a déclaré le chef de la diplomatie française. 
    "Maintenant, on ne peut plus attendre, je dirais 'ça 
suffit'", a encore dit Jean-Marc Ayrault lors de cet entretien 
accordé à iTELE durant un déplacement en Egypte. 
    "Il y a ceux qui se mettent en travers pour des raisons 
individuelles d'intérêts et je n'exclus pas qu'on puisse les 
menacer de sanctions. En tout cas, c'est ce que je proposerai à 
mes collègues des affaires étrangères lundi à Bruxelles", a-t-il 
ajouté. 
    Jean-Marc Ayrault et ses homologues de l'Union européenne 
ont rendez-vous lundi pour évoquer la question iranienne, le 
processus de paix au Proche-Orient, les relations avec la Russie 
mais aussi la situation en Libye. 
    Des diplomates européens ont discuté cette semaine de 
l'opportunité d'infliger des sanctions à des responsables 
libyens sous la forme de gel d'avoirs et d'interdictions de 
séjour dans l'UE, mais ne sont pas parvenus à s'entendre, faute 
d'un accord de la Grèce notamment.  
    La confusion politique règne en Libye où deux gouvernements 
et deux parlements rivaux se disputent le contrôle du pays 
depuis l'été 2014, lorsque les miliciens de l'"Aube libyenne" se 
sont emparés de Tripoli, la capitale. 
    Le gouvernement du Premier ministre Abdallah al Thinni, seul 
reconnu par la communauté internationale, et la Chambre des 
représentants élue en juin dernier ont trouvé refuge dans l'est 
du pays. 
    Le groupe Etat islamique a profité de l'absence de pouvoir 
central et du vide sécuritaire laissé par la révolution de 2011  
pour s'implanter dans certains secteurs, principalement autour 
de la ville de Syrte. 
    Selon un rapport du Conseil de sécurité de l'Onu, 
l'organisation djihadiste a accru l'étendue des territoires sous 
sa coupe, en partie en raison d'un afflux de combattants 
étrangers en provenance du Soudan, de la Tunisie et de la 
Turquie.   
    Des diplomates français et des responsables libyens ont 
confirmé la présence de conseillers militaires français en 
Libye, en lien avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, qui y ont 
déjà frappé des cibles de l'Etat islamique.   
 
 (Simon Carraud, avec John Irish, édité par Pierre Sérisier) 
 
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