Liberté sous caution en Russie pour neuf membres de Greenpeace

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SIX MILITANTS ÉTRANGERS DE GREENPEACE VONT ÊTRE LIBÉRÉS EN RUSSIE
SIX MILITANTS ÉTRANGERS DE GREENPEACE VONT ÊTRE LIBÉRÉS EN RUSSIE

par Maria Tsvetkova

SAINT-PETERSBOURG, Russie (Reuters) - La justice russe a autorisé mardi la remise en liberté sous caution de neuf militants étrangers de Greenpeace, dont un Français, après avoir fait de même pour trois Russes qui figuraient aussi parmi les 30 personnes arrêtées lors d'une action contre une plate-forme pétrolière de l'Arctique.

Le tribunal de Saint-Pétersbourg, qui doit se prononcer sur le maintien ou non des militants en prison au terme de leur période de détention préventive, dimanche prochain, a d'abord accordé la libération sous caution au Néo-Zélandais David Haussmann et à la Brésilienne Ana Paula Maciel.

Il a ensuite permis à sept autres militants étrangers - le Français Francesco Pisanu, les Argentins Miguel Hernan Perez Orzi et Camila Speziale, le Canadien Paul Ruzycki, l'Italien Cristian D'Alessandro, le Polonais Tomasz Dziemanczuk, la Finlandaise Sini Saarela - de bénéficier de cette mesure.

Greenpeace a dit ignorer si, dans les faits, ils auront la possibilité de rentrer chez eux en attendant leur procès ou l'abandon des poursuites. Selon l'un des avocats de la défense, les militants étrangers de Greenpeace peuvent théoriquement quitter la Russie mais le droit russe les oblige dans le même temps de se tenir à la disposition des enquêteurs.

Ils recouvreront la liberté une fois que leur caution, fixée pour chacun à deux millions de roubles (45.200 euros), aura été payée.

Les 30 prévenus, 28 militants de l'organisation écologiste et deux journalistes, sont inculpés de vandalisme et passibles de sept ans d'emprisonnement, pour avoir tenté d'escalader la plate-forme Prirazlomnaïa, appartenant à Gazprom, le 28 septembre.

Pendant l'audience de mardi, Ana Paula Maciel a brandi une pancarte sur laquelle on pouvait lire "Emprisonnement illégal, honte à la Russie", avant d'éclater en sanglots une fois sa libération accordée.

TROIS RUSSES LIBÉRÉS

Des tribunaux de Saint-Pétersbourg, où les accusés ont été transférés la semaine dernière après une détention à Mourmansk, ont autorisé depuis lundi la libération de trois ressortissants russes contre une caution elle aussi de deux millions de roubles, mais refusé celle de l'Australien Colin Russell, opérateur radio à bord du brise-glace Arctic Sunrise.

"Je n'ai rien fait de mal. Je ne comprends pas les raisons pour lesquelles je suis détenu", a dit Colin Russell, qui n'avait pas tenté de monter à bord de la plate-forme, après la prolongation lundi de sa détention jusqu'au 24 février.

La justice s'est montrée plus clémente envers l'infirmière russe Yekaterina Zaspa, remise en liberté parce qu'elle n'avait pas participé à l'abordage. Elle a aussi accordé la liberté sous caution à Denis Siniakov, un photographe qui se trouvait à bord du bateau lorsque les gardes-côtes l'ont arraisonné, et à Andreï Allakhverdov, un militant.

Pour justifier sa décision au sujet de Denis Siniakov, le juge a souligné qu'il s'agissait d'un citoyen russe marié et père d'un enfant, ce qui réduisait la probabilité d'une fuite à l'étranger.

"L'affaire (...) se transforme en grosse farce", a réagi dans un communiqué Mads Christensen, représentant de Greenpeace. L'ONG, qui explique qu'il s'agissait d'une manifestation pacifique, demande l'abandon de l'ensemble des poursuites.

Greenpeace a dit espérer que la libération de ses militants intervienne vendredi, quand le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), saisi par les Pays-Bas, où l'Arctic Sunrise est immatriculé, pourrait rendre son verdict dans cette affaire. La Russie a refusé de se faire représenter à l'audience du TIDM et pourrait ignorer la décision de la justice internationale.

Julien Dury, Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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