Liban-Salam menace de démissionner, poursuite des manifestations

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par Laila Bassam BEYROUTH, 23 août (Reuters) - Le Premier ministre libanais, Tammam Salam, a brandi dimanche le spectre de sa démission, avertissant les composantes rivales du gouvernement d'union que l'Etat était menacé d'effondrement. Les opposants ont appelé de leur côté à une deuxième journée de manifestations contre le gouvernement Salam. Samedi soir, au moins 35 personnes ont été blessées dans l'intervention des forces de sécurité avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs milliers de personnes qui défilaient dans le centre de la capitale, Beyrouth. Le gouvernement Salam voit son action pratiquement paralysée depuis qu'il a pris ses fonctions l'année dernière, les crises que traverse le Moyen-Orient, et notamment le voisin syrien, ayant exacerbé les divisions politiques et intercommunautaires du Pays du cèdre. "Je préviens, nous nous dirigeons vers un effondrement si les problèmes subsistent", a déclaré Salam lors d'une allocution télévisée. "Pour être franc, je ne tiens pas à accompagner pareil effondrement. Que tous les responsables et toutes les forces politiques assument leurs responsabilités", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a jugé excessif l'usage de la force samedi soir contre les manifestants et a assuré que les responsables auraient des comptes à rendre. Dimanche, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés aux abords du siège du gouvernement, en scandant des slogans antigouvernementaux. Des militants ont appelé à un rassemblement plus important en fin de journée. PRESIDENCE VACANTE Leur mouvement de protestation, intitulé "Tu pues", vient en riposte à la crise des ordures, qui n'ont pas été collectées dans Beyrouth et dans les environs le mois dernier, la classe politique ne parvenant pas à s'entendre sur l'endroit où les entreposer. La crise a été temporairement résolue avec le déblaiement des rues, mais les dissensions au sein du gouvernement sur le choix de l'entreprise devant obtenir un nouveau contrat d'enlèvement des ordures ménagères ont exposé le pouvoir à des accusations de corruption. Le gouvernement Salam regroupe des partis rivaux, dont le Courant du Futur de Saad Hariri, le Hezbollah chiite et des organisations chrétiennes rivales. Si le gouvernement venait à tomber, il resterait toutefois en place pour gérer les affaires courantes. La démission de Tammam Salam provoquerait cependant une crise constitutionnelle: au Liban, c'est le président qui nomme le Premier ministre, or la présidence est vacante depuis l'année dernière. Salam a prévenu que si lors du conseil des ministres de jeudi prochain le gouvernement ne parvenait pas à avancer sur certaines questions, dont l'appel d'offres lancé pour l'enlèvement des ordures, il n'aurait plus lieu d'être. Le parlement élu en 2009 a prorogé son propre mandat et reporté les élections législatives à 2017 en raison de l'instabilité ambiante. (Eric Faye pour le service français)

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