Liban : les réfugiés syriens dans l'enfer d'Ersal

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Le nombre de réfugiés dépasse désormais celui de la population d'Ersal.
Le nombre de réfugiés dépasse désormais celui de la population d'Ersal.

Le mini-van boueux s'est arrêté au bord de la route, aussi essoufflé que ses passagers. Derrière ses vitres sales, un véritable fouillis est empilé. Couvertures, matelas, sacs recouvrent pêle-mêle femmes et enfants serrés dans le véhicule plein à craquer. Sous le fracas des bombes, ils n'ont eu que quelques instants pour fuir en catastrophe Qarah, ville de la région de Qalamoun, au nord de Damas.

Depuis le 15 novembre, l'armée syrienne a lancé l'assaut sur cette zone passée sous contrôle rebelle il y a plus d'un an. "Un hélicoptère de l'armée syrienne nous a tiré dessus, derrière nous deux voitures ont été touchées", dénonce Sawda, qui sort du van, l'air hagard. Sans savoir vraiment comment, elle est arrivée en vie de l'autre côté du mont Anti-Liban, à Ersal. La ville, située au nord-est du Liban, surplombe la plaine de la Bekaa. Le calvaire de Sawda ne fait pourtant que commencer : la nuit tombe et un froid cinglant étreint les collines ocres des environs. Comme soixante et une autres familles réfugiées, elle et ses cinq filles dormiront dans un hangar non chauffé, sans eau ni électricité. Ersal ressemble de plus en plus à un vaste camp de réfugiés. La misère s'y tapit partout : chaque garage est squatté, chaque chantier occupé, les toiles de tente sont montées à la hâte. Dans cette enclave sunnite frontalière de la Syrie, ils sont aujourd'hui plus nombreux que les Libanais : environ 46 000, selon la municipalité, contre...

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