Liban : à Bourj Hammoud, couvre-feu obligatoire pour les Syriens

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À Bourj Hammoud, les Syriens n'ont pas le droit de circuler entre 20 heures et 8 heures. Photo d'illustration.
À Bourj Hammoud, les Syriens n'ont pas le droit de circuler entre 20 heures et 8 heures. Photo d'illustration.

La nuit n'est pas encore tombée à Beyrouth, mais Hassan se hâte de quitter l'épicerie où il travaille pour rejoindre Bourj Hammoud. Comme tous les Syriens habitant dans cette ville de 100 000 habitants accolée à la capitale libanaise, le livreur de vingt ans ne doit pas s'éterniser avant de rentrer chez lui. Après 20 heures, il risque de se faire arrêter par la police : depuis le 21 mai, la mairie a mis en place un couvre-feu pour les Syriens. Une grande bannière déployée dans la rue qui mène à la ville leur rappelle la nouvelle règle : de 20 heures à 8 heures du matin, tous doivent rester cloîtrés chez eux, tous ont l'interdiction de circuler dans la ville. "C'est injuste", dénonce Hassan, qui doit à présent faire un détour pour regagner sa maison et éviter les barrages de police s'il quitte son travail trop tard. "Si un Syrien a fait une erreur, les autorités doivent le punir et non s'en prendre à tous", s'insurge-t-il.La mairie a pris cette décision après qu'une bagarre entre un Libanais et un Syrien a viré au drame le 18 mai dernier. Alors qu'un groupe de Libanais assiégeait la maison où le Syrien s'était retranché, un voisin âgé de 60 ans a essayé de calmer les esprits des uns et des autres. Il a finalement reçu par erreur une bonbonne de gaz sur la tête, jetée par un Syrien qui visait le groupe de Libanais en colère. Assommé, l'homme a été transporté à l'hôpital inconscient. La rumeur de sa mort a ensuite été répandue...

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