LFoundry en liquidation judiciaire, délai de trois mois

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PARIS (Reuters) - Le tribunal de commerce de Paris a prononcé jeudi la liquidation judiciaire avec cessation d'activité du fabricant de composants et de puces microélectroniques LFoundry situé à Rousset (Bouches-du-Rhône) et qui emploie 613 salariés.

Le ministre du Redressement ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, a cependant annoncé avoir obtenu du tribunal, par l'entremise du parquet, un délai de trois mois pour préserver les chances du site industriel.

"En accord avec le liquidateur nommé ce jour, une cellule sera mise en place pour gérer l'avenir de l'entreprise et en préserver le site de façon temporaire les actifs", écrit-il dans un communiqué.

Les représentants syndicaux, qui avaient rencontré lundi Arnaud Montebourg, avaient auparavant vivement reproché son attitude au gouvernement.

"Cette liquidation est un drame social et un sabotage industriel", a déclaré à Reuters Jean-Yves Guerrini, représentant de la CFDT de l'entreprise.

"C'est toute une technologie française qui va être pillée. C'est le casse du siècle, le gouvernement n'a aucun pouvoir dans ce pays, il laisse tuer une entreprise de pointe, une usine d'un milliard et demi d'euros qui a bénéficié de 400 millions d'euros d'aide publique", a-t-il ajouté.

Arnaud Montebourg avait déjà indiqué lundi qu'il allait demander au tribunal de commerce de Paris de conserver les machines pendant trois mois afin de faciliter l'arrivée d'un éventuel repreneur, un délai que les juges n'ont pas retenu dans un premier temps.

Les syndicats avaient demandé que leur entreprise bénéficie à hauteur de 20 millions d'euros du "plan de résistance économique" lancé en novembre par le ministère du Redressement productif, ce qui n'a pas été le cas.

Me Stéphane Gorrias, le liquidateur nommé par le tribunal de commerce de Paris, réunira un comité d'entreprise vendredi après-midi sur le site.

L'intersyndicale de LFoundry a annoncé que les salariés licenciés allaient continuer à occuper le site.

LFoundry avait été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris le 28 juin dernier, une procédure accompagnée d'une période d'observation de six mois.

Le site connaît une situation financière délicate depuis la vente par Atmel, en 2010, pour un euro symbolique de son unité de fonderie de semi-conducteurs à l'Allemand LFoundry.

Selon les syndicats, les commandes ont chuté d'environ 30% depuis le début du mois d'avril dernier en raison de la non-reconduction d'un contrat avec le groupe américain Atmel pour la production de tranches de silicium.

L'échéance du contrat de sous-traitance accordé pour trois ans par le groupe américain et le retrait au mois d'avril d'une offre de partenariat par un Fonds d'investissement public (PIF) d'Arabie Saoudite ont grevé les dettes de l'entreprise.

Le parquet de Paris a ouvert en octobre dernier une information judiciaire pour "abus de biens sociaux" et nommé un juge d'instruction après une plainte de la CFDT-métallurgie contre LFoundry.

La CFDT estime que plus de 20 millions d'euros ont été transférés irrégulièrement des comptes de l'entreprise, la laissant en grande difficulté financière.

François Revilla, édité par Gérard Bon

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  • LeRaleur le jeudi 26 déc 2013 à 16:22

    Aider tous les sous-dévs de par le monde et incapable d'aider les autochtones. Le monde à l'envers.