Lewis Hamilton, un sacre à l'arrachée

le
0
Lewis Hamilton, un sacre à l'arrachée
Lewis Hamilton, un sacre à l'arrachée
Comme en 2008, Lewis Hamilton a dû attendre la dernière course de la saison pour remporter son deuxième titre de champion du Monde. Si son sacre est logique au vu des chiffres, sa domination n'a pas été totale.

Lewis Hamilton champion du Monde 2014... Si au vu des chiffres, ce titre semble une évidence, la réalité de la piste a donné une toute autre image. Onze victoires sur dix-neuf Grand Prix, 384 points marqués mais un titre seulement acquis lors de la dernière manche du championnat du Monde, ce dimanche à Abu Dhabi. La saison 2014 de Lewis Hamilton a été sans nul doute la plus aboutie de sa carrière débutée en 2007, lui qui a connu bien des difficultés depuis son titre mondial en 2008. Mais, avec quelques soucis durant la saison, il n'a pas été loin de revivre le scénario de 2007 où, malgré une large avance à deux courses de la fin, il avait dû laisser la couronne mondiale à un opportuniste Kimi Räikkönen. Retour sur la saison de toutes les émotions pour Lewis Hamilton.

Faux-départ en Australie puis réaction d'orgueil

Après des essais hivernaux qui laissaient entrevoir la domination que l'on a pu observer cette saison, les Mercedes se présentent comme grandes favorites pour le premier Grand Prix de la saison à l'Albert Park de Melbourne. Après avoir signé la pole position sous la pluie, Lewis Hamilton semble parti pour l'emporter... mais c'était sans compter sur sa mécanique. En effet, la Mercedes W05 s'est révélée diaboliquement performante... mais elle a aussi connu des problèmes de fiabilité. Avec un moteur récalcitrant, le Britannique est contraint à l'abandon au terme du premier tour, laissant son coéquipier Nico Rosberg prendre les devants. Mais le Britannique ne se laisse pas faire et réagit de la meilleure des manières. Lewis Hamilton redresse la situation et efface son retard de 25 points sur son coéquipier au terme d'une série de quatre victoires de suite, dont la bataille qui restera dans les annales de la F1 au Bahreïn. Après les Grands Prix de Malaisie, Bahreïn, Chine et Espagne, les 25 points de retard du Britannique au sortir du Grand Prix d'Australie se transforment en trois petits points d'avance sur son coéquipier, le reste de la meute étant déjà distancée. C'est alors que le duel fratricide entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg commence à sentir le souffre.

Début des tensions et opportunisme

Dès le Grand Prix de Monaco, Nico Rosberg réagit à la montée en régime de son coéquipier, mais d'une manière qui laissera une ombre sur cette saison 2014 : le tout droit lors des qualifications. Au sortir de cet incident, Lewis Hamilton est ressorti plus furieux que jamais contre son coéquipier. « Je n'ai pas eu l'opportunité de parcourir cette ultime boucle à cause de qui vous savez.... Voilà, on va regarder les datas  pour comprendre ce qui s'est passé, mais c'est ainsi » avait déclaré le Britannique au sortir de son cockpit. Il avait même ajouté un intéressant « No comment » en réponse aux questions sur l'intentionnalité du geste de son coéquipier, qui sortira vainqueur du Grand Prix et reprendra la tête du championnat. Pour l'abandonner une nouvelle fois après le Grand Prix du Canada, qui restera un symbole du certain manque de fiabilité des Mercedes, principalement face à la chaleur. Après le Grand Prix d'Autriche, le débours de Lewis Hamilton montera même à 29 points. Mais pas de quoi le faire abandonner. En effet, chez lui en Grande-Bretagne, Lewis Hamilton va à son tour profiter des problèmes de fiabilité des Mercedes pour refaire une grande partie de son retard avec un 25-0 par rapport à son coéquipier. Mais la fin de l'été sera de nouveau en faveur de Nico Rosberg, qui reprendra un peu le large suite à sa victoire au Grand Prix d'Allemagne. En Hongrie, Lewis Hamilton voit sa W05 prendre feu lors des qualifications, lui imposant de partir dans le peloton alors que son coéquipier signe la pole position. Au terme d'une course d'attaque, Lewis Hamilton parvient à prendre la troisième place, juste devant son coéquipier. Ce nouveau duel est marqué par le refus net du Britannique d'appliquer la consigne donnée par son garage, celle de laisser passer Nico Rosberg dans l'intérêt de l'écurie Mercedes, dont les ingénieurs pensaient que l'Allemand était le mieux placé pour contester la victoire à Daniel Ricciardo et la deuxième place à Fernando Alonso.

Spa-Francorchamps, l'électrochoc

Depuis Monaco, Lewis Hamilton n'entretenait plus de relations cordiales avec son coéquipier, mais après les événements de Spa-Francorchamps, la rivalité est montée d'un cran. En effet, le Grand Prix de Belgique restera comme une rupture au sein de l'écurie Mercedes, mais aura aussi relancé Lewis Hamilton dans la course au titre. En effet, suite à l'accrochage des deux Flèches d'Argent, le Britannique est contraint à l'abandon, laissant Nico Rosberg tirer profit de la situation pour creuser un peu plus l'écart avec 29 points d'avance par rapport à son coéquipier. Cette course restera sans doute comme le grand moment de la saison car, dès lors, Lewis Hamilton a piloté avec le mors aux dents. Entre les Grands Prix d'Italie et des Etats-Unis, s'il laisse deux pole positions à son coéquipier, il est désormais intouchable en course. S'il ne part pas en tête, il n'a jamais hésité à attaquer son coéquipier pour prendre la tête et s'imposer. Ce qu'il a fait avec brio par l'extérieur du virage 1 à Suzuka ou par un freinage au tout dernier moment au virage 12 à Austin. Dans ces moments, on a pu sentir que Lewis Hamilton avait pris un ascendant psychologique sur Nico Rosberg, qui devait avoir toujours en tête les conséquences des événements de Spa-Francorchamps.

Gestion à Interlagos, bonheur à Abu Dhabi

Au sortir de cette série de cinq victoires de suite, Lewis Hamilton comptait pas moins de vingt-quatre points d'avance sur Nico Rosberg. Un écart tel qu'il lui permettait de se présenter lors des deux dernières courses de la saison en bon gestionnaire. En effet, même avec le doublement des points lors de la dernière manche à Abu Dhabi, deux deuxièmes places lui suffisaient à être champion du Monde au terme de la saison. Et cela s'est confirmé au Brésil où, malgré une inhabituelle erreur et un tête-à-queue en pleine course, le Britannique s'est contenté d'assurer une deuxième place derrière son coéquipier, qui avait aussi signé la pole position d'un cheveu. Arrivé à Abu Dhabi pour la finale, Lewis Hamilton est une nouvelle fois dominé en qualifications par son coéquipier, question d'habitude. Mais, grâce à un départ bien plus incisif, le Britannique a pris les rênes de la course dès le premier virage pour ne plus les lâcher, ou presque. La saison avait commencé par un problème technique pour Hamilton en Australie, elle se conclura sur un problème pour Nico Rosberg, qui n'a pas été en mesure de lutter pour le titre mondial jusqu'au bout. Au terme d'une saison longue de dix-neuf Grand Prix, qui l'a vu passer par tous les états, Lewis Hamilton a remporté en toute logique son deuxième titre de champion du Monde de Formule 1, offrant à Mercedes son premier titre pilotes depuis... 1955 et Juan Manuel Fangio. Il devient aussi le premier Britannique double champion du Monde de F1 depuis un certain Jackie Stewart en 1973. Mais maintenant que la saison 2014 est terminée, 2015 permettra de constater si les tensions avec son coéquipier sont une chose du passé...

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant