Lévy lie projet Hinkley Point et aide supplémentaire de l'Etat

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 (Actualisé avec CGT, contexte) 
    par Geert De Clercq 
    PARIS, 11 mars (Reuters) - EDF  EDF.PA  ne s'engagera 
définitivement dans la construction de deux réacteurs nucléaires 
en Grande-Bretagne que si l'Etat sécurise sa situation 
financière, écrit son PDG dans une lettre adressée aux salariés. 
    "Nous négocions actuellement avec l'Etat pour obtenir des 
engagements de sa part nous permettant de sécuriser notre 
situation financière", explique Jean-Bernard Lévy dans cette 
lettre dont Reuters a eu copie. "Il est clair que je n'engagerai 
pas EDF dans ce projet tant que ces conditions ne seront pas 
réunies."  
    "Nous avons déjà obtenu que la totalité du dividende de 
l'année 2015 soit versée à l'Etat en actions et non pas en cash, 
ce qui représente 1,8 milliard de fonds propres supplémentaires 
pour EDF", ajoute-t-il. "Ces discussions se poursuivent et j'y 
défends notre entreprise pour le présent et surtout le futur." 
    Jean-Bernard Lévy assure que les aspects contractuels et 
industriels du programme Hinkley Point "permettent d'être 
confiants pour engager définitivement le projet".  
    "Une revue des risques conduite fin 2015 a établi que les 
risques sont bien identifiés et sont surmontables moyennant la 
mise en œuvre d'une série de recommandations", ajoute-t-il. 
    La CGT reproche dans un communiqué à la présidence d'EDF et 
à l'Etat de vouloir "imposer à marche forcée" un projet qui 
pourrait, selon le syndicat, être soumis au conseil 
d'administration du 30 mars. 
    Le syndicat organise en outre une consultation auprès de ses 
salariés, les invitant à demander au conseil d'administration de 
différer le projet. 
    Ce projet de construction de deux réacteurs de type EPR en 
Grande-Bretagne, évalué à 18 milliards de livres sterling (23 
milliards d'euros environ), alimente les inquiétudes quant à ses 
conséquences sur les finances d'EDF, qui a annoncé lundi la 
démission de son directeur financier.   
    Dans un rapport publié jeudi, la Cour des comptes estime que 
le montage envisagé pour Hinkley Point illustre le poids de la 
contrainte financière à laquelle le groupe se trouve confronté. 
  
    La Cour des comptes souligne aussi que les retards de mise 
en service des autres EPR en cours de construction dans le 
monde, notamment à Flamanville (Manche) et en Finlande, peuvent 
"évidemment susciter des interrogations quant à la capacité du 
projet Hinkley Point à tenir les délais initialement impartis". 
    Le projet Hinkley Point, qu'EDF mène avec son partenaire 
chinois CGN, a reçu jeudi l'aval de la Commission européenne. 
  
     
 
 (Emmanuel Jarry et Patrick Vignal pour le service français) 
 

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