Levée de l'immunité parlementaire de Guérini

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L'IMMUNITÉ PARLEMENTAIRE DE JEAN-NOËL GUÉRINI LEVÉE PAR LE SÉNAT
L'IMMUNITÉ PARLEMENTAIRE DE JEAN-NOËL GUÉRINI LEVÉE PAR LE SÉNAT

PARIS (Reuters) - Le Sénat a levé mercredi l'immunité parlementaire du sénateur socialiste Jean-Noël Guérini, qu'un juge d'instruction souhaite placer en garde à vue pour l'interroger dans une affaire de malversations sur des marchés publics.

Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône avait déjà vu son immunité levée en mars dernier pour être entendu dans le cadre d'une autre information judiciaire, pour laquelle il a été mis en examen en septembre 2011.

Le bureau du Sénat "a décidé d'accéder à la demande du juge d'instruction portant sur la possibilité d'un placement en garde à vue", indique un communiqué.

Le juge Charles Duchaine l'a motivée par le fait qu'il existerait "une ou plusieurs raisons plausibles" de soupçonner l'élu socialiste d'avoir commis "plusieurs délits", notamment des faits relevant de corruption passive.

Il prévoit d'entendre Jean-Noël Guérini sous le statut de la garde à vue mais n'envisage pas une mesure "de détention ou de contrôle judiciaire" à son encontre.

Le bureau du Sénat tient à préciser qu'il ne se prononce "ni sur le fond du dossier, ni sur l'exactitude des faits, ni sur la procédure suivie par le juge" et déplore la violation du secret de l'instruction qui a émaillé cette affaire.

La levée d'immunité concerne un dossier connexe à celui où Jean-Noël Guérini a été mis en examen le 8 septembre 2011 pour "association de malfaiteurs, prise illégale d'intérêt, trafic d'influence".

MARCHES DE COMPLAISANCE ?

Le magistrat avait déjà utilisé ce procédé pour contraindre l'élu socialiste à venir répondre à ses questions, ce qu'il refusait à l'époque de faire en demandant le dépaysement de l'affaire dans une autre juridiction.

Dans sa lettre de motivation, le juge Duchaine reconnaît la difficulté à cerner le rôle de Jean-Noël Guérini, qu'il soupçonne d'avoir usé de son influence pour faciliter l'action d'un "groupement permanent formé" de figures du grand banditisme, de chefs d'entreprise et de son frère cadet Alexandre.

Le magistrat enquête sur l'existence présumée de marchés de complaisance dans le secteur du gardiennage et des travaux publics entre des collectivités territoriales et des sociétés contrôlées par plusieurs personnes présentées comme des proches d'Alexandre Guérini.

Deux figures du milieu marseillais, Bernard Barresi et Michel Campanella, ont été mis en examen la semaine dernière pour "faux et usage de faux", "blanchiment" et "association de malfaiteurs en vue du délit de trafic d'influence" dans le cadre de ce dossier.

Les enquêteurs soupçonnent Alexandre Guérini d'avoir eu un "rôle central" et d'être le "donneur d'ordres" dans la mise en place d'un système occulte de surfacturation et de trafic d'influence dans l'attribution de certains marchés publics de la région.

Gérard Bon et Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Yves Clarisse

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