Lev Yachine, le goal nouveau

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Lev Yachine, le goal nouveau
Lev Yachine, le goal nouveau

Non content de marquer l'histoire et de s'offrir des titres, des records, et une place dans la légende, Lev Yachine s'est aussi permis de transformer son poste. Un homme pour qui les cages étaient décidément trop petites.

À la fin des années 60, casquettes molles négligemment posées sur le crane, une clope au bec, prêts à défier l'ordre et à faire sauter les carcans de la France gaulliste, les titis parisiens battent le pavé du centre de la capitale. Au même moment, avec le même œil rieur, le même couvre chef, la même cigarette collée aux lèvres, mais 3000 kilomètres plus à l'Est, Lev Yachine a lui aussi lancé sa révolution. Et pour le coup, rien à voir avec les frêles vagabonds du quartier latin de Paris. Du haut de son mètre 89, Yachine est plutôt du genre taillé comme une armoire, et s'est lancé dans une entreprise de réinvention du poste de gardien de but depuis qu'il a commencé sa carrière au Dynamo Moscou au début des années 50. À une époque où les portiers sont encore scotchés à leur ligne et n'envisagent pas d'être autre chose que des shot stoppers, Lev Yachine déclare : "Attendre passivement sur cette ligne blanche est facile, réducteur et même parfois ridicule. Pourquoi priver l'équipe d'un joueur de champ supplémentaire quand cela est possible ? Surtout que notre position nous assure une vision privilégiée du match". Adios le football à "10 joueurs+ 1 gardien", Lev Yachine a déposé son bulletin "1 équipe = 11 joueurs" dans l'urne. La formule magique du gardien-libéro, un demi-siècle avant les sorties démentielles de Manuel Neuer et la grande mode du label "gardien moderne".

Lev machine


L'URSS des années 50 et 60 a beau être un milieu un poil cloisonné, les exploits de Yachine ont largement dépassé le rideau de fer, même à son époque. Georges Carnus, gardien de l'équipe de France dans les sixties, se souvient avoir subi de plein fouet la vague Yachine : "C'était mon idole. À cette époque, c'était un gardien qui jouait avancé. Il sortait, il commençait à prendre des ballons à 18 mètres... Ça ne lui posait pas de problèmes. Ça a été le premier à jouer comme jouent les gardiens de maintenant". Cette extension de sa zone d'intervention, Yachine pouvait se la permettre grâce à son physique, inhabituel à une période où les gardiens n'avaient pas encore les gabarits que l'on connaît. Autre conséquence des grands segments du Russe, une capacité impressionnante à protéger sa ligne et à dégouter les attaquants adverses. Christophe Lollichon, l'entraîneur des gardiens de Chelsea, a…


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