Lettonie: Nouveau mandat pour la coalition de droite

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par Aija Krutaine RIGA, 5 octobre (Reuters) - Le gouvernement letton de centre-droit a été reconduit pour quatre ans à l'issue des élections législatives de samedi où la question des relations avec la Russie a relégué les autres thèmes au second plan. D'après des résultats quasi définitifs, l'alliance formée par le parti Unité (centre-droit, libéral) de la Première ministre Laimdota Straujuma, l'Alliance nationaliste et l'Union des écologistes et des paysans obtient 58% des suffrages et disposera de la majorité des sièges à la Saeima, le Parlement monocaméral du pays. Avec 23,3% des voix, le parti d'opposition pro-russe Concorde, qui espérait capitaliser sur l'impopularité de la politique d'austérité menée par le gouvernement sortant, demeure la première force politique du pays. Mais il ne devrait pas empêcher le maintien de la coalition sortante. "En additionnant toutes les voix des partis de la coalition, elle a obtenu la majorité de manière convaincante", a commenté dimanche le président letton Andris Berzins, qui va sonder à présent tous les chefs de file des partis avant de nommer un nouveau Premier ministre. Pour le secrétaire général d'Unité, Artis Kampars, la logique voudrait que la coalition sortante reste en place. "Nous sommes prêts à poursuivre cette oeuvre", a-t-il dit, ajoutant que son parti, le principal de la coalition, souhaitait que Laimdota Straujuma soit reconduite à la tête du gouvernement. LA QUESTION RUSSE Ces élections se sont surtout jouées sur les questions internationales, à commencer par le conflit ukrainien qui a ravivé les craintes quant aux intentions de Moscou vis-à-vis de la Lettonie, où la communauté russophone représente près du quart des 2 millions d'habitants, et des deux autres Etats baltes (l'Estonie et la Lituanie). "Ce scrutin est différent du fait de ce qui se passe en Ukraine. La situation se détériore à nouveau là-bas et les gens s'inquiètent parce que nous avons une frontière avec la Russie", avait souligné samedi Laimdota Straujuma. La Première ministre sortante a succédé en janvier à la tête du gouvernement à Valdis Dombrovskis, qui a démissionné en novembre après la mort de 54 personnes dans l'effondrement du toit d'un supermarché. Elle a accru le budget de la Défense et s'est associée aux deux autres Etats baltes pour réclamer une présence plus importante de l'Otan dans la région. La Lettonie est membre de l'Union européenne et de l'Alliance atlantique. Pendant la campagne, Nils Ouchakov, maire de Riga et candidat de Concorde au poste de chef du gouvernement, avait insisté pour sa part sur l'importance économique des liens avec le voisin russe. "Pour ce qui est de notre politique vis-à-vis de la Russie, je serais assurément plus pragmatique", déclarait-il cette semaine. "Nous devons nous appuyer sur le marché russe, nous devons accueillir des touristes russes, nous devons essayer de tirer profit de notre voisinage avec la Russie, qui aide véritablement notre économique", plaidait-il. Sur le plan économique, les mesures budgétaires mises en oeuvre par Valdis Dombrovskis, le prédécesseur de Laimdota Straujuma, ont été lourdes de conséquences pour de nombreux Lettons, mais elles ont permis l'adoption de l'euro cette année et la croissance est désormais l'une des plus soutenues d'Europe. (Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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