Lettonie: Nouveau mandat en vue pour la coalition de droite

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(Actualisé sondages sortie des urnes) par Aija Krutaine RIGA, 4 octobre (Reuters) - Le gouvernement letton de centre-droit devrait être reconduit à l'issue des élections législatives de ce samedi au terme d'une campagne où la question des relations avec la Russie a relégué les autres thèmes au second plan. D'après des sondages sortie des urnes, l'alliance formée par le parti Unité (centre-droit, libéral) de la Première ministre Laimdota Straujuma, l'Alliance nationaliste et l'Union des écologistes et des paysans obtiendraient au total 61,7% des voix, soit 63 des 100 sièges de député à la Saeima, le Parlement monocaméral du pays, malgré l'impopularité de la politique d'austérité menée depuis plusieurs années. Le parti d'opposition pro-russe Concorde rallierait 21,6% des voix - une proportion qui correspond au poids des Russes de souche dans la population. Deux autres partis, l'Alliance des régions et une nouvelle formation de gauche baptisée De tout coeur pour la Lettonie, franchiraient le seuil des 5% nécessaires pour entrer au Parlement. Ces élections se sont surtout jouées sur les questions internationales, le conflit ukrainien ravivant les craintes quant aux intentions de Moscou dans les pays baltes. "Ce scrutin est différent du fait de ce qui se passe en Ukraine. La situation se détériore à nouveau là-bas et les gens s'inquiètent parce que nous avons une frontière avec la Russie", a souligné samedi Laimdota Straujuma, qui a succédé en janvier à la tête du gouvernement à Valdis Dombrovskis, qui a démissionné en novembre après la mort de 54 personnes dans l'effondrement du toit d'un supermarché. Le budget de la Défense a été revu à la hausse et la Lettonie, membre de l'UE et de l'Otan, s'est associée aux deux autres Etats baltes, la Lituanie et l'Estonie, pour réclamer une présence plus importante de l'Alliance atlantique dans la région. Le parti Concorde, qui milite notamment pour que le russe soit reconnu en tant que deuxième langue officielle, a voté contre la motion parlementaire adoptée récemment pour dénoncer "l'agression russe" en Ukraine. "Le conflit entre la Russie et l'Ukraine n'est pas le nôtre", estime Guéorgui Gourevicth, un retraité de 62 ans partisan du mouvement interrogé lors du scrutin. Pendant la campagne, Nils Ouchakov, maire de Riga et candidat de Concorde au poste de chef du gouvernement, a insisté sur l'importance économique des liens avec le voisin russe. "Pour ce qui est de notre politique vis-à-vis de la Russie, je serais assurément plus pragmatique", déclarait-il cette semaine. "Nous devons nous appuyer sur le marché russe, nous devons accueillir des touristes russes, nous devons essayer de tirer profit de notre voisinage avec la Russie, qui aide véritablement notre économique", plaidait-il. Sur le plan économique, les mesures budgétaires mises en oeuvre par Valdis Dombrovskis, le prédécesseur de Laimdota Straujuma, ont été lourdes de conséquences pour de nombreux Lettons, mais elles ont permis l'adoption de l'euro cette année et la croissance est désormais l'une des plus soutenues d'Europe. (Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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