Les voyageurs du Sud de la France sont les plus pénalisés par les retards des trains

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Moins de neuf TER sur dix sont ponctuels dans le pays, selon un rapport de l'UFC-Que Choisir. L'association lance une pétition et une appli «Anti-Retards» qui permet aux usagers de signaler les incidents sur leur ligne.

«En 2014, seuls 89,5 % des TER sont arrivés à destination avec un retard inférieur à 6 minutes.» Au moment où un rapport, remis ce mardi au gouvernement, préconise de remettre à plat la carte des dessertes jugées peu rentables, l'UFC-Que Choisir pointe du doigt la «dégradation inacceptable de la ponctualité» des trains régionaux en France. «La France se situe bien loin des performances de nos voisins européens comme l'Allemagne, les Pays-Bas (94,9 %), ou l'Autriche (96,4 %)», souligne l'association de consommateurs dans une étude. Il y a dix ans, la performance de l'Hexagone était de 90,4%.

Et la SNCF s'arrangerait avec les statistiques pour enjoliver ces performances. Selon l'UFC-Que Choisir, qui dénonce une «cécité statistique», les chiffres officiels sont «loin de refléter fidèlement les difficultés quotidiennes des voyageurs». La SNCF considère qu'un TER est en retard si, à l'arrivée, il dépasse 5 minutes 59 secondes de retard. En d'autres termes, les retards inférieurs à 6 minutes ne sont pas comptabilisés. Par ailleurs, les heures de pointe ne sont pas distinguées des heures creuses. Enfin, la SNCF calcule ses taux de ponctualité sans prendre en compte une grande partie des trains annulés: tous les trains supprimés au plus tard la veille avant 16 heures sont sortis des statistiques. «C'est ainsi jusqu'à 10 % des TER chaque mois, et même 25 % en juin 2014, qui ne roulent pas mais ne sont pas comptabilisés comme des trains annulés.»

Face aux retards des trains, qui transportent chaque jour plus de 4 millions de voyageurs, les Français ne sont pas logés à la même enseigne. Si en Alsace, avec le meilleur taux du pays à 95,2%, en Bretagne ou en Normandie, les trains sont plutôt à l'heure, les régions du Sud de la France, en particulier la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (seulement une performance de 77,3%), affichent une «qualité désastreuse». En PACA, près d'un train sur 4 a été annulé ou retardé l'an dernier. «En Île-de-France, la situation n'est pas plus brillante, avec 550.000 usagers des RER et Transiliens qui subissent chaque jour un retard», relève l'UFC-Que Choisir. Seuls 88,5% des usagers franciliens sont arrivés à destination avec un retard inférieur à 6 minutes en 2014. Ce sont les lignes les plus fréquentées qui sont les moins fiables: sur les voyageurs qui ont subi un retard, 360.000 empruntaient les RER A, B et D.

Appli mobile «Anti-Retards»

Des voyageurs qui ne sont pas - ou peu - indemnisés pour ces retards récurrents. «À la différence des trains grandes lignes (TGV ou Intercités), la SNCF ne prévoit pas, pour les voyageurs des trains régionaux, une indemnisation en cas de retard. La situation est la même en Île-de-France», rappelle l'UFC-Que Choisir. Depuis 2014, toutefois, cinq régions (Bourgogne, Centre-Val de Loire, Franche-Comté, Pays de la Loire et Picardie) ont inclus dans leurs conventions avec la SNCF des mesures expérimentales de compensation financière des retards pour les abonnés TER. «Ces initiatives balbutiantes sont une bonne nouvelle pour les consommateurs, et doivent être généralisées à toutes les régions.»

En attendant, l'UFC-Que Choisir ne compte pas lâcher la pression. L'association a ouvert ce mardi une pétition «Payons en fonction de la qualité», qui exige une baisse automatique du tarif des abonnements en cas de retards récurrents sur une ligne. Les signatures seront adressées aux présidents de conseils régionaux et aux candidats aux élections régionales de décembre 2015. Pour la région parisienne, elle a formé un recours auprès du Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF), afin que soit mis en place un mécanisme de bonus-malus pour que les transporteurs (SNCF et RATP) soient incités à améliorer la qualité de service.

L'association mobilise en outre personnellement les usagers en lançant son application mobile gratuite «Anti-Retards» pour contourner «l'opacité» qui entoure, selon elle, les performances des trains régionaux. Cette appli «permet aux voyageurs de signaler facilement tout incident subi, contribuant ainsi à la mise en place d'un observatoire indépendant et participatif de la qualité dans les transports régionaux».

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