Les voitures doivent être moins chères pour relancer les ventes

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joyfull/shutterstock.com
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(AFP) - La baisse des ventes de voitures neuves en Europe n'est pas inéluctable si les constructeurs arrivent à proposer des modèles moins chers, moins gourmands en carburant, quitte à rogner sur les équipements, estime mardi dans une étude l'observatoire spécialisé dans l'automobile Cetelem.

Les immatriculations sur le continent sont attendues en baisse cette année, de 6% selon les analystes d'Euler Hermes, puis encore de 2 à 3% en 2013, et la crise économique ne laisse pas espérer de reprise vigoureuse.

Le marché européen a aussi la caractéristique d'être saturé, la plupart des ménages possédant déjà une voiture, contrairement à ceux des pays émergents.

De plus, les automobilistes roulent de moins en moins et pour 45% d'entre eux, interrogés dans huit pays, la principale raison qui les pousse à changer de véhicule est qu'ils n'ont pas d'autres choix.

Pour autant, "le potentiel de rebond est là", assure Flavien Neuvy, responsable de l'observatoire, dans un entretien à l'AFP. "20% des Européens et 16,7% des Français se disent prêts à acheter une voiture neuve au cours des deux prochaines années", dit-il.

Ceci fait donc 8% de Français prêts à renouveler leur voiture en 2013 ou 2014, contre seulement 4% attendus cette année.

Il s'agit donc de les faire passer à l'acte, souligne l'expert. "Le premier levier et le plus important, c'est le prix."

"Les ménages ne dépensent jamais plus de 14% de leur budget pour se déplacer. Or la part des coûts d'utilisation (carburant, entretien) a augmenté, ce qui se fait au détriment de l'achat de la voiture", souligne-t-il.

Cette tendance est illustrée par la hausse de la part de marché des petites voitures d'entrée de gamme, passée de 35% en 2000 à 42% en 2011 dans sept pays retenus par l'observatoire (Allemagne, France, Italie, Portugal, Espagne, Belgique, Royaume-Uni).

Le prix plus important que le lieu de fabrication

Le prix d'achat est ainsi le critère numéro un pour 74% des Européens quand ils achètent une voiture neuve, devant le coût d'utilisation et la sécurité.

En France, cette proportion est encore plus forte, à 82%, quand bien même la situation économique n'est pas aussi mauvaise qu'en Italie, en Espagne ou au Portugal. "En France, tout ce qui touche au prix est beaucoup plus sensible que dans les pays latins", explique M. Neuvy.

Le pays de fabrication des voitures importe en revanche seulement pour 6% des Français, quand le gouvernement veut sensibiliser les consommateurs à acheter du "fabriqué en France".

Baisser les prix de ventes permettrait aux constructeurs de gagner de nouveaux clients qui se tournent aujourd'hui vers l'occasion, faute de moyens. Le marché de l'occasion est important en France, avec 5,5 millions d'unités, souligne M. Fleuvy, contre environ 2 millions de voitures neuves immatriculées.

Pour lui, avoir des prix catalogues plus bas éviterait aussi de devoir faire des rabais qui font que "le consommateur ne sait plus combien coûte réellement un véhicule".

L'observatoire Cetelem suggère aussi aux constructeurs de privilégier les innovations technologiques permettant de réaliser des économies de carburants, plutôt que celles relevant du confort qui tirent "les prix vers le haut, sans être un argument suffisant pour faire changer de voiture", selon M. Neuvy.

Cette idée va dans le sens de l'appel lancé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault de disposer dans 10 ans de véhicules consommant 2 litres d'essence aux 100 km, soit quatre fois moyenne que la moyenne du parc automobile actuel.

Les canaux et les moyens de ventes doivent également être repensés, avec un recours plus large à internet et des offres de location longue durée, conclut l'étude.

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