Les violences se poursuivent dans Gaza, explosion à Tel Aviv

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EXPLOSION DANS UN BUS À TEL AVIV
EXPLOSION DANS UN BUS À TEL AVIV

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Bombardements israéliens contre la bande de Gaza et tirs de roquette palestiniens se sont poursuivis mercredi sur fond d'efforts diplomatiques pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu après une semaine de violences.

Au huitième jour de ce nouveau cycle de violences, dix personnes ont été blessées dans une explosion à bord d'un bus circulant dans le centre de Tel Aviv, rapportent le gouvernement et les services de secours israéliens.

Le bus circulait dans une rue longeant les bâtiments abritant les services de défense israéliens. "Il s'agit d'une attaque terroriste. La plupart des blessés souffrent de blessures légères", a déclaré Ofir Gendelman, porte-parole du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

A l'issue de discussions mercredi à Ramallah, en Cisjordanie, avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, la secrétaire américaine d'Etat, Hillary Clinton, s'est de nouveau entretenue avec Benjamin Netanyahu avant de se rendre au Caire, en pointe des manoeuvres diplomatiques en cours pour rétablir le calme.

Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth croit savoir qu'un accord se profile entre les parties. L'Egypte, dit le journal, annoncerait un cessez-le-feu de 72 heures suivi de nouvelles discussions visant à un accord à long terme.

Aux termes du projet, Israël cesserait ses frappes, mettrait un terme aux attaques ciblées contre des hauts responsables des groupes palestiniens armés et s'engagerait à étudier les moyens de lever son blocus de la bande de Gaza.

POINTS DE BLOCAGE

Le Hamas, qui contrôle le territoire palestinien depuis 2007, s'engagerait parallèlement à cesser ses tirs de roquettes contre le territoire israélien et faire en sorte que les autres factions palestiniennes armées en fassent de même.

Mais de source politique israélienne, on rapporte que les négociateurs se heurtent à des divergences tournant autour de la volonté du Hamas d'obtenir la levée du blocus de Gaza.

Ezzat al Richq, un des responsables du Hamas, a déclaré que le principal obstacle résidait dans "le calendrier temporaire d'un cessez-le-feu que les Israéliens veulent que nous acceptions".

A en croire le quotidien Al Hayat, basé à Londres, qui cite des sources au sein du Hamas et du Djihad islamique, Israël demanderait, avant toute discussion sur les demandes palestiniennes, une période de 90 jours afin d'évaluer les "bonnes intentions" du camp palestinien. Les groupes palestiniens auraient rejeté ce point.

Une trêve de court terme, a souligné Richq, "ne ferait que gagner du temps" pour les autorités israéliennes avant les élections législatives de janvier. "Et nous n'aurions pas avancé sur la voie d'une trêve à long terme", a-t-il ajouté.

Le Hamas, ajoute-t-on auprès du mouvement palestinien, réclame également le contrôle du point de passage de Rafah, à la frontière avec l'Egypte, et des garanties israéliennes sur l'arrêt des "assassinats ciblés" de dirigeants palestiniens.

LA MÉDIATION ÉGYPTIENNE SE POURSUIT

Selon une source palestinienne au fait de la médiation menée par l'Egypte, des responsables du renseignement égyptien auront de nouvelles discussions mercredi avec des représentants du Hamas et du Djihad islamique.

"Il pourrait y avoir une réponse d'Israël que les médiateurs égyptiens veulent présenter aux dirigeants du Hamas et du Djihad islamique. Espérons que ce sera une chose que les factions palestiniennes peuvent accepter", a ajouté cette source.

A l'issue de ses discussions avec Mahmoud Abbas, Hillary Clinton a souligné que "l'administration américaine exerçait tous les efforts possibles pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat", a rapporté le principal négociateur de l'Autorité palestinienne, Saeb Erekat.

La veille à Jérusalem, la secrétaire américaine d'Etat, qui a interrompu une tournée en Asie pour rejoindre Israël mardi, avait assuré Benjamin Netanyahu de l'engagement "inébranlable" des Etats-Unis pour la sécurité d'Israël.

Benjamin Netanyahu, donné favori pour les élections législatives de janvier, a déclaré à Hillary Clinton qu'il souhaitait une "solution de long terme" au sujet de la bande de Gaza. En cas d'échec, Israël n'hésitera pas à intensifier sa campagne militaire contre les activistes palestiniens si nécessaire, a-t-il toutefois prévenu.

UNE CENTAINE DE CIBLES BOMBARDÉES

Sur le terrain, Israël a intensifié ses bombardements sur l'enclave palestinienne dans le cadre de son opération "Pilier de défense" lancée le 14 novembre, officiellement pour mettre un terme aux tirs de roquettes palestiniens sur son territoire.

Tsahal dit avoir bombardé une centaine de cibles dans la nuit de mardi à mercredi dans la bande de Gaza, dont des tunnels reliant l'enclave palestinienne et l'Egypte, ainsi que le ministère de la Sécurité intérieure, utilisé par le Hamas comme centre des opérations.

Un bâtiment abritant le bureau de l'Agence France-Presse a été bombardé, sans faire de blessé. L'armée israélienne a confirmé le bombardement, expliquant que l'immeuble accueillait un centre de renseignements militaires du Hamas.

Les tirs de roquette palestiniens ont repris mercredi à l'aube, sans faire de blessé, selon l'armée israélienne. Plus de 150 roquettes ont été tirées de Gaza dans la soirée de mardi, a-t-on appris auprès de la police israélienne.

Sept jours d'hostilités ont coûté la vie à 138 Palestiniens, dont 34 enfants, et cinq Israéliens, dont trois civils. Un calme précaire prévalait auparavant depuis la fin de l'opération "Plomb durci" de décembre 2008-janvier 2009, qui s'était soldée par la mort de 1.400 Palestiniens et de 13 Israéliens.

Marine Pennetier et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • raich2 le mercredi 21 nov 2012 à 14:12

    J'aimerai connaître le sentiment de cet internaute sur ce qui se passe en Syrie avec la bénédiction de l'Iran et la Russie.Dès que les américains ou les iraeliens sont concernés le dialogue devient haineux. Cela s'appelle chez certains un dialogue démocratique à condition d'être d'accord avec mes propos.C'est ce qui se passe à Gaza. Ils tirent des roquettes sur les civils et l'armée doit répliquer avec des fleurs sinon c'est une agression avec des femmes et enfant en premiere ligne.