Les violences font rage en Syrie, l'opposition réunie à Rome

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par Erika Solomon

BEYROUTH (Reuters) - De violents affrontements ont opposé samedi les forces de sécurité fidèles à Bachar al Assad aux insurgés dans le nord de la Syrie, faisant au moins six morts, rapporte l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH).

Cette nouvelle vague de violences survient alors que le Conseil national syrien (CNS), qui rassemble plusieurs groupes d'opposition, a ouvert à Rome trois jours de discussions sur le renouvellement de son équipe dirigeante, pour tenter de renforcer sa cohésion et d'assurer sa crédibilité.

Un mois jour pour jour après l'entrée en vigueur formelle d'un cessez-le-feu et malgré la présence de quelque 150 observateurs de l'Onu sur le terrain, les affrontements se poursuivent en Syrie où plus de 9.000 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis la mi-mars 2011, selon l'Onu.

D'après l'OSDH, qui est basé à Londres, des combats ont éclaté dans la province d'Idlib, dans le nord du pays, près de la frontière avec la Turquie.

"De violents affrontements font rage entre les forces du régime syrien et les déserteurs de l'armée (...) On entend de fortes explosions suivies de tirs de mitrailleuse des forces de sécurité", indique l'organisation.

Au moins deux habitants d'Idlib ont été tués lors des raids menés par l'armée dans des villages ou lors de tirs de mortiers, selon l'OSDH. Quatre soldats ont par ailleurs été tués et au moins sept autres blessés lorsque des rebelles ont attaqué un convoi militaire, a-t-on appris de même source.

Joint par téléphone, un rebelle s'est défendu de violer le cessez-le-feu, affirmant que l'Armée syrienne libre (ASL), qui réunit de nombreux déserteurs, agissait en état de légitime défense.

"DÉTRUIRE LA SYRIE"

Selon l'agence de presse officielle Sana, 22 membres des forces de sécurité, tués notamment à Idlib, Homs et Damas, ont été enterrés samedi.

"Ces martyrs ont donné leur vie pour le pays", indique Sana. "Ils ont refusé de permettre à des terroristes armés et à ceux qui les soutiennent de gagner du terrain et de détruire la Syrie."

A Damas, un rassemblement a été organisé pour rendre hommage aux 55 personnes tuées dans le double attentat perpétré jeudi et imputé par les autorités à des "terroristes".

Dans une vidéo diffusée samedi, un groupe islamiste, le Front Al Nousra, a revendiqué cette attaque, la plus meurtrière dans la capitale depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al Assad à la mi-mars 2011.

L'attaque visait "des repaires du régime" et répondait aux "frappes incessantes des gouvernementaux à Damas, Idlib, Hama, Deraa et dans d'autres régions", indique le groupe.

A Rome, le sort du président du CNS, Bourhan Ghalioun, désigné lors de la création du mouvement d'opposition en août dernier, sera au centre des discussions sur le renouvellement de la direction.

Ghalioun, un universitaire installé à Paris, est accusé par ses adversaires de négliger les contacts avec les groupes d'opposition à l'intérieur de la Syrie, engagés dans la lutte armée contre Assad.

Il lui est également reproché de ne pas avoir su unifier les diverses composantes du CNS, qui aimerait être reconnu par la communauté internationale comme le représentant légitime du peuple syrien.

Guy Kerivel et Marine Pennetier pour le service français

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