Les violences entre Israéliens et Palestiniens s'intensifient

le , mis à jour à 16:31
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(Bilan actualisé à Gaza, déclarations du Hamas) par Luke Baker JERUSALEM, 9 octobre (Reuters) - Les violences entre Israéliens et Palestiniens ont franchi un nouveau cap vendredi avec l'agression au couteau de quatre Arabes par un suspect juif et la mort de quatre Palestiniens à Gaza lors d'une manifestation de solidarité avec les événements de Jérusalem et de Cisjordanie. Quatre Arabes ont été poignardés à Dimona, une ville du sud d'Israël, par un seul agresseur dont le mobile était d'ordre "nationaliste", a déclaré la police israélienne. Ces agressions semblent répondre à celles commises par des Palestiniens depuis la fin septembre. Trois nouvelles agressions visant des juifs ont été signalées par la police israélienne quelques heures après les incidents de Dimona: un adolescent de 14 ans a été poignardé dans la vieille ville de Jérusalem, une femme sans doute palestinienne a tenté d'attaquer au couteau un vigile dans le nord d'Israël et un Palestinien a poignardé un policier près d'une colonie juive de Cisjordanie, avant d'être abattu. Quatre Palestiniens ont également été tués dans la bande de Gaza par des tirs de l'armée israélienne à travers la clôture séparant le territoire palestinien de l'Etat hébreu. Ils participaient à une manifestation de solidarité avec les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem et jetaient des pierres sur les forces de sécurité, rapportent des sources médicales à Gaza, qui font également état de 13 blessés. Jeudi, sept Israéliens ont été attaqués au couteau au cours de quatre incidents distincts à travers le pays, y compris à Tel Aviv, la capitale économique de l'Etat hébreu jusqu'ici épargnée par les violences. Au cours des dix derniers jours, quatre Israéliens sont morts poignardés à Jérusalem ou abattus par des agresseurs circulant en voiture en Cisjordanie, une douzaine d'autres ont été blessés à coups de couteau ou de tournevis, trois Palestiniens ont été tués et des dizaines d'autres blessés dans des heurts avec les forces de sécurité, au point que les observateurs évoquent la possibilité d'un nouveau soulèvement ("intifada") dans les territoires occupés après ceux de la fin des années 1980 et du début des années 2000. Le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a estimé que ce vendredi marquait le début d'une troisième "intifada sur toute la terre de Palestine". "Nous donnons notre sang et notre âme pour Jérusalem", a-t-il dit, qualifiant de "héros" les Palestiniens ayant commis des agressions contre les juifs. "Gaza soutient la bataille de Jérusalem (...) Gaza est totalement prête", a ajouté le chef du mouvement islamiste. "VAGUE DE TERREUR" "Nous sommes au milieu d'une vague de terreur", a dit jeudi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision, prévenant qu'il n'existait pas de solution rapide pour y mettre fin. Le chef du gouvernement israélien et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont lancé des appels au calme et la police palestinienne continue de coopérer avec les forces de sécurité israéliennes pour tenter de rétablir l'ordre mais rien ne semble pour l'heure apaiser la situation. La colère palestinienne trouve son origine dans la crainte que des visites régulièrement organisées par des groupes juifs, y compris par des élus, sur l'esplanade des Mosquées finissent par réduire le contrôle exercé par les musulmans sur la mosquée Al Aksa, troisième lieu saint de l'islam. Craignant des violences à l'occasion des prières du vendredi, la police israélienne a autorisé uniquement les hommes de plus de 45 ans, ainsi que les femmes de tous âges, à se rendre sur l'esplanade. Des manifestations palestiniennes sont prévues à l'issue des prières et des milliers de policiers et soldats israéliens ont été déployés. Lieu saint de l'islam et du judaïsme, l'esplanade des Mosquées est administrée par les autorités religieuses jordaniennes. Les juifs, qui l'appellent Mont du Temple, peuvent s'y rendre mais n'ont pas le droit d'y prier, ce que certains contestent. Face à la recrudescence des attaques palestiniennes, les maires de Jérusalem et d'autres villes ont appelé jeudi les Israéliens autorisés à porter une arme à se déplacer avec elle, une initiative critiquée par certains responsables politiques qui ont mis en garde contre le risque de dérive. (Avec Dan Williams et Nidal al Mughrabi; Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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