Les violences au Burundi mettent en danger toute la région - Onu

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KIGALI, 6 août (Reuters) - L'escalade des violences au Burundi est un danger pour toute l'Afrique des Grands lacs et la communauté internationale de même que les dirigeants de la région doivent prendre l'initiative pour écarter ce péril, a déclaré jeudi l'émissaire spécial de l'Onu en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily. "Cette escalade de la violence est un danger pour la région entière et quelque chose doit donc être fait", a-t-il dit à l'issue d'un entretien avec le président rwandais Paul Kagamé. "Après une vingtaine d'années de violence, de guerre civile, il serait vraiment triste que le Burundi replonge dans un nouveau cycle de violences", a-t-il poursuivi. "L'époque est à la paix, pas à des assassinats, des vengeances et des représailles insensés." Le Burundi a basculé dans la crise fin avril, lorsque le président Pierre Nkurunziza a annoncé qu'il briguerait un troisième mandat, qu'il a obtenu au premier tour de l'élection présidentielle, le mois dernier. L'opposition, qui boycottait le scrutin, et les puissances occidentales contestaient sa candidature, jugée contraire à la constitution qui limite à deux mandats l'exercice de la fonction présidentielle. Nkurunziza, à qui la Cour constitutionnelle a donné raison, argue que son premier mandat (2005-2010) ne doit pas être pris en compte puisqu'il avait alors été désigné par le Parlement et non pas élu au suffrage universel direct. Les tensions restent très vives au Burundi où un proche du président, le général Adolphe Nshimirimana, qui dirigeait la garde présidentielle, a été assassiné dimanche dans la capitale, Bujumbura. Lundi, un militant des droits de l'homme, Pierre Claver Mbonimpa, a été grièvement blessé lors d'une tentative d'assassinat. Sa famille a fait savoir qu'il avait obtenu l'autorisation de se rendre à l'étranger pour se faire soigner. Mbonimpa, qui préside l'Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), s'est publiquement opposé à la candidature controversée de Nkurunziza. Deux jours plus tard, mercredi, un dirigeant local du parti au pouvoir, Côme Harerimana, a été assassiné dans la capitale. Dans une Afrique des Grands lacs qui porte toujours les marques du génocide de 1994 au Rwanda, où 800.000 tutsis et hutus modérés ont été exterminés, on redoute que le Burundi, à la composition ethnique similaire, ne s'engage sur la voie d'un conflit ethnique. Plus de 140.000 réfugiés ont fui le pays depuis le printemps. (Clement Uwiringiyimana; Henri-Pierre André pour le service français)

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