Les villes du futur pourraient aider à réguler le climat

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LES ZONES URBAINES POURRAIENT CROÎTRE D'UN PARIS PAR JOUR D'ICI 2030
LES ZONES URBAINES POURRAIENT CROÎTRE D'UN PARIS PAR JOUR D'ICI 2030

par Alister Doyle

OSLO (Reuters) - Les surfaces urbaines à travers le monde pourraient augmenter de la taille de Paris chaque jour jusqu'en 2030 et l'organisation des villes du futur en Asie et en Afrique jouera un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique, est-il écrit dans un rapport de l'Onu.

Cette expansion urbaine débridée pourrait générer des milliards d'euros de revenus dans de nombreux secteurs économiques, qu'il s'agisse de la construction de logements et de bureaux plus écologiques ou de l'amélioration des réseaux de transport, souligne le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).

"Il y a une fenêtre d'opportunité" pour que l'urbanisme contribue au ralentissement du réchauffement climatique, affirme Karen Seto, professeur à l'université de Yale, qui a codirigé la rédaction du chapitre consacré à la planification urbaine dans le rapport de 2.000 pages que le Giec vient de publier au sujet de "l'atténuation du changement climatique".

Dans le résumé de 33 pages rendu public dimanche, il est écrit que les villes qui seront bâties à l'avenir pourront contribuer à ces efforts. Cet aspect est détaillé dans un chapitre de 116 pages dont Reuters a pu prendre connaissance avant sa publication mardi.

L'un des scénarios envisagés dans ce chapitre estime que l'expansion urbaine entre 2000 et 2030 pourrait augmenter la taille cumulée des villes d'1,2 million de kilomètres carrés, essentiellement en Asie et en Afrique, soit bien plus que les quelque 650.000 kilomètres carrés de surfaces urbaines évalués en 2000.

PLANIFICATION

Cela représente pendant 30 ans un rythme quotidien d'environ 110 kilomètres carrés, soit à peu près la taille de Paris.

Or, entre 71% et 76% des émissions de dioxyde de carbone à travers le monde proviennent des zones urbaines.

Ces émissions peuvent être réduites en concevant des villes aux structures plus compactes afin de réduire les trajets, en utilisant des matériaux plus isolants pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments, en développant des transports publics plus performants, en créant des pistes cyclables ou des secteurs piétonniers.

Il est toutefois essentiel de disposer d'outils de planification urbaine, dont manquent souvent les pays en voie de développement où les efforts en la matière pourraient pourtant être les plus efficaces.

Une fois construite, il est en effet difficile de rendre une ville nettement plus économe sur le plan écologique. "Quand vous habitez dans une ville normale d'Amérique du Nord, vous êtes loin de l'endroit où vous achetez du pain ou de votre travail, et vous devez utiliser votre voiture", dit Karen Seto.

En 1800, seule Pékin comptait plus d'un million d'habitants et 3% de la population mondiale seulement vivaient dans des villes. En 2010, le nombre de villes de plus d'un million d'habitants était passé à 449 et 52% des habitants de la planète étaient des citadins, proportion qui devrait passer à deux tiers en 2050.

"Chaque semaine, la population urbaine mondiale s'accroît de 1,3 million (de personnes)", est-il écrit dans ce chapitre du rapport du Giec.

Les gouvernements ont promis de limiter la hausse des températures à un maximum de 2 degrés Celsius par rapport à l'ère pré-industrielle pour éviter une multiplication d'événements climatiques extrêmes que le Giec juge liés au réchauffement.

L'organisme calcule cependant que pour remplir un tel objectif, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre atteignent un pic prochainement et chutent de 40 à 70% par rapport à leurs niveaux de 2010 d'ici à 2050, puis soient proches de zéro d'ici à 2100.

(Bertrand Boucey pour le service français)

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