Les villages de marques à la conquête de la France

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Le village Marques Avenue, à La Seguiniere, près de Cholet, dans le Maine-et-Loire ( AFP/Archives / FRANK PERRY )
Le village Marques Avenue, à La Seguiniere, près de Cholet, dans le Maine-et-Loire ( AFP/Archives / FRANK PERRY )

Après des années de léthargie, le marché français des magasins d'usine et des villages de marques entame une phase de renouveau, avec une multiplication de projets qui cherchent à monter en gamme et à se rapprocher des citadins.

Selon le cabinet JLL, ces magasins et villages (dits "outlets") ne représentent aujourd'hui que 3% du parc commercial français. Mais pas loin de 18 centres sont en cours de construction.

Ce nouvel appétit des opérateurs vient en partie du fait que ces espaces où des fabricants vendent leurs produits à prix réduit s'en sortent mieux en ce moment que les magasins traditionnels, ce qui en fait une opportunité de croissance, a souligné Lisa Wagner, du cabinet spécialisé The Outlet Ressource Group, lors du salon de l'immobilier commercial de Cannes (Mapic).

Ainsi, McArthurGlen, présent à Roubaix et Troyes, a annoncé avoir enregistré une croissance de 9% en France depuis un an.

One Nation, ouvert en 2013 dans les Yvelines, a lui vu ses revenus bondir de plus de 20% cette année, avec une hausse du trafic et des paniers moyens, selon son dirigeant Philippe Catteau, du groupe Catinvest.

Le responsable ne s'interdit donc pas de réfléchir à d'autres implantations.

Quant à McArthurGlen, il doit ouvrir au printemps un nouveau site en Provence, suivi d'un autre en Normandie, doublant ainsi sa présence dans l'Hexagone.

"La France reste aujourd'hui sous-développée" en matière de magasins d'usine, si on la compare à l'Angleterre ou l'Italie, "ce qui laisse de la place pour de nouveaux entrants", estime M. Catteau.

Par ailleurs, certaines marques et enseignes, longtemps réticentes à s'installer dans ces centres de déstockage, se laissent séduire par ce canal de vente, qui leur permet de toucher une nouvelle clientèle et d'écouler leurs invendus. Les Galeries Lafayette se sont installées en 2013 à One Nation et Go Sport devrait suivre prochainement.

Les consommateurs sont devenus amateurs de prix cassés depuis la crise
Les consommateurs sont devenus amateurs de prix cassés depuis la crise ( AFP/Archives / ALAIN JULIEN )

Les questions liées à l'image que renvoient les villages de marques sont moins d'actualité, estime M. Catteau. En effet, loin des magasins d'usines austères des débuts, les nouveaux centres montent en gamme et proposent un environnement plus attractif.

Les consommateurs, devenus amateurs de prix cassés depuis la crise, sont de plus en plus attirés par ces centres qui proposent souvent des tarifs entre -30 et -70%.

- Plus proches des villes -

Les touristes sont eux aussi friands de ces temples du shopping à petits prix. Même s'ils sont moins présents en France depuis les attentats, ils représentent encore 20% des ventes à One Nation. Quant à La Vallée Village, ce centre voisin de Disneyland Paris rivalise en fréquentation avec la Tour Eiffel ou le Château de Versailles.

C'est d'ailleurs vers ces consommateurs lointains, souvent plus dépensiers que les Français, que se tournent beaucoup des nouveaux projets en préparation, comme McArthurGlen Provence ou le Honfleur Normandy Outlet.

D'autres promoteurs visent également la clientèle hexagonale et veulent s'implanter plus près des villes.

Ainsi, Fiminco prévoit d'ouvrir fin 2018 "le premier outlet de région parisienne accessible en métro", entre Pantin et Romainville.

"Se rapprocher des populations locales va permettre de développer encore davantage l'activité", estime son dirigeant Gerald Azinco, qui vise 3,5 millions de visiteurs par an pour son "City Outlet".

Les Galeries Lafayette se sont installées dans le centre commercial One Nation ouvert en 2013 dans les Yvelines
Les Galeries Lafayette se sont installées dans le centre commercial One Nation ouvert en 2013 dans les Yvelines ( AFP/Archives / ADRIEN MORLENT )

"C'est une tendance mondiale que de voir se rapprocher les outlets des coeurs des villes, on le voit à Barcelone, à Londres, à Boston", explique-t-il.

Néanmoins, il ne faut pas non plus s'attendre à les voir arriver en plein centre-ville, car le risque serait alors pour les marques de cannibaliser leurs magasins traditionnels, explique Matthew Slade, directeur commercial de Quintain.

"L'outlet apparaît plutôt comme un élément catalyseur de la régénération de certaines zones urbaines un peu délaissées", explique le promoteur du London Designer Outlet, qui a permis de revitaliser le quartier de Wembley, dans le nord-ouest de Londres.

Une démarche que suit également City Outlet, intégré à un projet plus global de restructuration de la ZAC de L'Horloge à Romainville, qui comprendra aussi des logements, des bureaux et des équipements publics.

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  • koalaso il y a 3 semaines

    Si c'est pour que les marques fabriquent des series speciales de moins bonne qualités a prix reduit, non merci!