Les victimes du séisme iranien affluent dans les hôpitaux

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AFFLUX DE BLESSÉS DANS LES HÔPITAUX APRÈS LE SÉISME EN IRAN
AFFLUX DE BLESSÉS DANS LES HÔPITAUX APRÈS LE SÉISME EN IRAN

par Yeganeh Torbati

DUBAI (Reuters) - Les hôpitaux étaient débordés dimanche dans le nord-ouest de l'Iran au lendemain du puissant séisme qui a fait au moins 300 morts et quelque 5.000 blessés, selon un nouveau bilan.

Les secours se concentrent sur les villages, plus touchés que les villes autour des villes d'Ahar, de Varzaghan et de Harees, près de Tabriz. La région sinistrée est située loin des zones de production pétrolière et des sites nucléaires connus du pays.

Des milliers de personnes se sont regroupées dans des campements de fortune ou ont dormi dans la rue, par peur que la soixantaine de répliques qui ont suivi le séisme ne se poursuivent. Une pénurie de tentes et de provisions les a laissés en proie au froid nocturne, a rapporté un témoin à Reuters.

Le bilan devrait encore s'alourdir, selon les autorités, car de nombreux blessés sont dans une situation critique et des centaines d'autres sont encore prisonniers dans les décombres, les secours ayant été ralentis par la nuit.

"J'ai vu des gens dont la maison a été entièrement détruite et dont tout leur bétail a été tué", a témoigné par téléphone Tahir Sadati, un photographe local. "La population a besoin d'aide, de vêtements chauds, de plus de tentes, de couvertures et de pain."

Près de 300 personnes sont décédées, selon Reza Sadighi, le gouverneur local d'Ahar, cité par Fars. Au moins cinq mille personnes ont également été blessées, a estimé Gholam Reza Masoumi, responsable du Centre des situations d'urgence du gouvernement, cité par Isna.

A Tabriz, la capitale de la province de l'Azerbaïdjan oriental, Ardabil et dans d'autres agglomérations encore, de longues files d'attente de survivants attendant d'être pris en charge se sont formées devant les hôpitaux, rapportent les habitants et les médias.

Les 120 lits de l'hôpital d'Ahar étaient occupés, et la petite route qui relie la ville à Tabriz était engorgée par des véhicules tentant d'acheminer les blessés vers les hôpitaux, a témoigné Arash, un étudiant d'Ahar.

VILLAGES NON SECOURUS

Selon l'Institut géologique américain (USGS), la première secousse d'une magnitude de 6,4 s'est produite samedi aux alentours de 12h30 GMT à 49 km au nord-est de Tabriz, à une profondeur de 9,9 km.

Plus de 1.000 villages ont été touchés, près de 130 ont été endommagés à plus de 70%, et 20 autres l'ont été complètement, rapporte l'agence de presse estudiantine Isna, qui cite Ahmad Reza Shaji'i, un responsable du Croissant-rouge. Nombre de ces villages sont difficiles à rallier par la route, ce qui complique la tâche des secouristes.

Des photos publiées sur des sites iraniens d'information montrent des corps allongés sans vie sur le sol d'une morgue dans la localité d'Ahar. D'autres représentent des immeubles effondrés et des voitures ensevelies sous des gravats.

Plus de 100 ambulances, 1.100 bénévoles du Croissant-Rouge, et 40 unités spécialement entraînées à la recherche de survivants ont été déployées dans les zones sinistrées avec plus de 5.600 tentes et 44.000 colis de nourriture, a annoncé Ahmad Reza Shaji'i.

Le député Mohammed Hassan-Nedjad a prévenu pour sa part que si les secours ne se déployaient pas plus vite, le bilan pourrait s'alourdir sensiblement.

"De nombreux villages n'ont toujours pas été secourus, parce que dans des conditions normales, il faut déjà plusieurs heures pour s'y rendre", a-t-il déclaré à l'agence Isna. "Pour l'instant, les routes sont fermées et on ne peut se rendre dans ces villages que par les airs."

Arrivé sur place, le ministre de l'Intérieur, Moustafa Mohammed-Nadjdjar, tenait une série de réunions avec les responsables locaux afin de coordonner l'intervention d'urgence, selon Isna. Trente groupes d'experts ont été dépêchés dans les villages sinistrés pour évaluer les dégâts et aider les habitants, a dit un responsable du logement à l'agence de presse officielle Irna.

Les autorités de Téhéran ont annoncé deux jours de deuil dans la province. Près de 36.000 habitants de la zone du séisme ont reçu un hébergement d'urgence selon Masoumi, cité par Isna.

Si les bâtiments des centres urbains, construits solidement, semblent avoir échappé aux destructions, ce n'est pas le cas dans les villages, où les habitations, souvent faites de parpaings ou de torchis, peuvent s'effondrer facilement sous l'effet d'un tremblement de terre.

L'Iran, traversé par plusieurs grandes failles sismiques, a connu ces derniers temps des tremblements de terre majeurs, dont le dernier qui a détruit la ville antique de Bam où plus de 25.000 habitants ont péri en 2003.

Marcus George; Jean-Loup Fiévet, Juliette Rabat, Hélène Duvigneau, Agathe Machecourt, Julien Dury et Baptiste Bouthier pour le service français

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