«Les victimes de viol hésitent longtemps avant de porter plainte»

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INTERVIEW - Alexandra Moins, psychologue clinicienne à Fréjus, analyse les mécanismes psychologiques d'une personne victime de violences sexuelles.

LE FIGARO. - Quels mécanismes psychologiques conduisent une victime à porter plainte des années après les faits ?

Alexandra MOINS.- Le degré de proximité avec l'agresseur est déterminant. On a beaucoup plus de mal à porter plainte contre quelqu'un de sa famille, de son voisinage, un collègue de bureau que contre un anonyme. Tout simplement par peur des représailles, des relations au quotidien et du regard des autres.

Mais quand l'agresseur présumé est un personnage public ?

Cela complique encore plus les choses car la victime s'expose au regard de l'opinion entière et plus seulement de son entourage. Les enjeux sont plus grands, la responsabilité aussi et la victime sait que sa crédibilité sera dix fois plus mise en doute car on sera beaucoup plus attentif à vérifier l'authenticité des faits.

Devoir réévoquer l'agression, donc la revivre, et, par surcroît, le faire de manière publique, c'est beaucoup de pression et c'est souvent pourquoi les plaignantes hé

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