Les victimes de PIP inquiètes pour leur indemnisation

le
0
LES VICTIMES DE PIP INQUIÈTES POUR LEUR INDEMNISATION
LES VICTIMES DE PIP INQUIÈTES POUR LEUR INDEMNISATION

MARSEILLE (Reuters) - Le procès des responsables de la société PIP, au coeur d'un scandale de prothèses mammaires frelatées, est entré lundi dans une nouvelle phase avec les plaidoiries des parties civiles, qui s'inquiètent des conditions des futures indemnisations.

Plus de 300 avocats de toute la France représentent les porteuses d'implants de Poly Implant Prothèse, dont le président Jean-Claude Mas, 69 ans, a reconnu lors du procès de Marseille qu'elles étaient fabriquées avec du gel non conforme, tout en affirmant qu'il n'était pas plus dangereux que le gel autorisé.

Si de nombreux avocats ont préféré déposer leurs demandes d'indemnisation directement au greffe, les plaidoiries des représentants des victimes s'étaleront jusqu'au 13 mai.

Ils s'inquiètent déjà des futures conditions d'indemnisation de leurs clientes, qui ne peuvent prétendre dans ce dossier de "tromperie aggravée" qu'à un préjudice moral, et non physique.

Une instruction pour "blessures involontaires" dans la même affaire est actuellement en cours au parquet de Marseille.

"Le parquet a pris la décision de ne poursuivre que cinq personnes physiques, dont Monsieur Mas qui est déjà réputé insolvable, et pas la société PIP elle-même", a dit à Reuters Murielle Ajello, présidente du Mouvement des femmes porteuses d'implants et de prothèses (MFPPIP), partie civile.

Le fait que la société PIP ne soit pas poursuivie ne permet pas aux victimes de faire jouer leur assurance, a expliqué Véronique Lipari, avocate d'une victime qui a déjà fait procéder à l'explantation de ses prothèses PIP.

"Les victimes sont très inquiètes sur les conditions d'indemnisation de leurs préjudices, c'est une grosse angoisse pour elles. Elles craignent l'insolvabilité de Jean-Claude Mas et des co-prévenus face à la masse de demandes d'indemnisations", a-t-elle poursuivi.

Me Véronique Lipari espère l'activation du fonds Sarvi pour sa cliente, mais la limite dans ce cas est de 3.000 euros.

Plusieurs avocats ont demandé que le parquet cite comme prévenus la société PIP en la personne de son liquidateur ainsi que l'organisme allemand de certification TÜV Rheinland afin que leurs assurances respectives puissent entrer en jeu.

"Que ma cliente soit reconnue comme victime, c'est une bonne chose, mais cela ne suffit pas ! Il faudra qu'elle soit indemnisée de ses souffrances", dit Me Vanessa Fudali, qui a demandé près de 10.000 euros d'indemnisation pour sa cliente.

Le greffe du tribunal correctionnel de Marseille, délocalisé dans un palais des Congrès de la ville, avait enregistré 6.704 constitutions de partie civile lundi à midi.

Les victimes peuvent continuer à se constituer partie civile jusqu'au réquisitoire du procureur de la République de Marseille, prévu le 14 mai.

Le procès devrait se terminer le 17 mai, après trois jours de plaidoiries des avocats de la défense.

François Revilla, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant