Les victimes de Brétigny toujours dans l'incertitude

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LES VICTIMES DE BRÉTIGNY TOUJOURS DANS L'INCERTITUDE
LES VICTIMES DE BRÉTIGNY TOUJOURS DANS L'INCERTITUDE

PARIS (Reuters) - Deux mois et demi après l'accident de train de Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui a fait sept morts et des dizaines de blessés, la SNCF, Réseau ferré de France (RFF), leurs assureurs et l'Etat ont présenté samedi aux victimes et familles des victimes un projet d'indemnisation rapide et à l'amiable.

La réunion organisée à Paris en présence du ministre des Transports Frédéric Cuvillier n'a donné lieu en revanche à aucune révélation sur le déroulement de l'enquête, pour la plus grande frustration de certains participants.

"On n'est pas encore dans le processus de savoir ce qui s'est réellement passé", a déploré sur BFMTV Jean-Robert Baroux, un des passagers du train. "Pour l'instant, la cause n'est pas encore définie, le procureur ne veut surtout pas donner d'éléments en quoi que ce soit."

Le procureur de la République d'Evry "a promis que, fin décembre, il y aurait un premier rapport de l'enquête décisif pour déterminer le chef d'accusation", a-t-il indiqué en ajoutant que la question était de savoir s'il s'agissait d'une défaillance, d'une malveillance ou d'une négligence.

Interrogé sur i>TELE, le magistrat, Eric Lallement, s'est retranché derrière l'enquête en cours et a déclaré que le processus serait long.

"C'est ce que j'ai tenu à dire aux victimes, de ne pas se laisser induire éventuellement en erreur par une information partielle, qui du coup peut devenir partiale, et que la justice nécessite du temps parce qu'elle nécessite d'être contradictoire", a-t-il dit.

La SNCF a publié cette semaine des rapports internes montrant un problème de maintenance qui pourrait expliquer la défaillance de l'éclisse, la pièce à l'origine probable du déraillement du Paris-Limoges le 12 juillet à son passage en gare de Brétigny-sur-Orge.

Le protocole d'indemnisation proposé, qui prévoit des évaluations individuelles de préjudices subis, physiques comme psychologiques, a été approuvé par des associations mais critiqué par d'autres, qui soupçonnent la SNCF de vouloir acheter le silence des victimes.

Frédéric Cuvillier a souligné que chacun était libre d'accepter ou non le protocole proposé qui n'implique qu'un seul engagement, celui de renoncer à des poursuites au civil, et n'empêchera pas de se porter partie civil au pénal.

"Il y a deux voies, une voie judiciaire et une voie amiable. Il appartient à chaque victime, en fonction de sa situation, de choisir de façon tout à fait libre sans perdre aucun droit", a-t-il dit.

"La plus grande des garanties est la présence (à la réunion) des associations représentants les victimes et le contrôle exercé par l'autorité judiciaire, y compris sur d'éventuelles transactions", a-t-il ajouté.

Yann Le Guernigou, édité par Henri-Pierre André

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