Les victimes civiles s'accumulent dans les deux moitiés d'Alep

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LES VICTIMES CIVILES S'ACCUMULENT DANS LES MOITIÉS D'ALEP
LES VICTIMES CIVILES S'ACCUMULENT DANS LES MOITIÉS D'ALEP

par Angus McDowall

BEYROUTH (Reuters) - Les combats ont fait de nouvelles victimes civiles, dimanche à Alep, où huit enfants ont été tués dans une école bombardée par les rebelles côté Ouest, selon la presse syrienne.

Une famille entière a par ailleurs été décimée par le largage d'un baril d'explosif dans la partie orientale de la ville, rapportent des médecins et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Plusieurs centaines de personnes ont trouvé la mort dans la grande ville du nord pays depuis le début, mardi, d'une nouvelle offensive gouvernementale en direction des quartiers est, tenus par les insurgés.

L'armée et les milices qui lui prêtent mains fortes ont gagné du terrain dimanche dans le secteur d'Hanano, à la périphérie nord de ces quartiers, mais les rebelles assurent les avoir repoussées.

Selon deux médecins, des barils d'explosifs largués vers minuit dans le quartier de Sakhour contenaient du chlore qui a causé la mort des six membres de la famille Baïtoundji.

Une vidéo diffusée sur internet montre les corps de quatre enfants gisants au sol, les lèvres bleutées et de larges cernes sous les yeux.

L'OSDH, proche de l'opposition, a confirmé le largage de barils d'explosifs à Sakhour, mais n'a pas parlé de gaz.

Les forces syriennes ont maintes fois été accusées de recourir au gaz, notamment dans le cadre d'enquêtes de l'Onu et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAM). Damas a toujours nié.

Dans la matinée, des obus tirés par les rebelles se sont abattus sur l'école Saria Hassoun d'Al Farkan, causant la mort de dix personnes dont huit enfants âgés de 6 à 12 ans, selon la télévision publique syrienne et l'OSDH.

DAMAS EXCLUT TOUT COMPROMIS

Samedi, bombardements aériens et de tirs d'artillerie avaient fait 54 morts, dont cinq enfants, à Alep-Est, selon l'OSDH.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le même jour que toutes les structures médicales des quartiers orientaux d'Alep avaient été mises hors service par les bombardements de l'aviation russe et des forces gouvernementales, qui veulent inciter la population à partir.

"Le bombardement incessant d'Alep-Est par le régime syrien ces derniers jours a privé des centaines de milliers de civils assiégés d'accès à la nourriture et à des hôpitaux en état de fonctionner", à déploré dimanche Christos Stylianides, commissaire européen à l'aide humanitaire et à la réaction aux crises.

Sûr de sa force, le régime de Bachar al Assad a rejeté dimanche toute idée de compromis à l'occasion d'un visite à Damas de l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura. Le diplomate a par la suite fait état de divergences.

Lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al Moualem a dit avoir opposé une fin de non recevoir à l'offre de l'émissaire consistant à créer une administration autonome à Alep-Est.

Il a ajouté que cette proposition avait été formulée par les groupes rebelles pour gérer la distribution de nourriture et les a accusés de retenir en otage les habitants des quartiers qu'ils contrôlent.

Walid al Moualem a par ailleurs appelé le président américain élu Donald Trump a faire cessé les livraisons d'armes aux insurgés et à contraindre les pays de la région qui soutiennent les rebelles à faire de même.

(Avec Ellen Francis et Suleiman al Khalidi, Gilles Trequesser, Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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