Les Verts se déchirent après le "non" à Manuel Valls

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LES VERTS DIVISÉS SUR LE REFUS DE PARTICIPER AU NOUVEAU GOUVERNEMENT
LES VERTS DIVISÉS SUR LE REFUS DE PARTICIPER AU NOUVEAU GOUVERNEMENT

PARIS (Reuters) - Les écologistes renouent avec l'ère des divisions après leur refus de participer au gouvernement, une décision du bureau exécutif d'Europe Ecologie-Les Verts dénoncée comme "le pire" des choix par la majorité des parlementaires EELV, justifié comme "l'échec d'une majorité" par la direction nationale.

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, explique dans Le Monde que les écologistes ne voulaient "pas en arriver là" et que, malgré une proposition "solide et correcte" de Manuel Valls, ils ne pouvaient "oublier les deux ans passés d'une expérience gouvernementale qui a eu des hauts et des bas".

Selon les élus qui ont participé mardi matin aux tractations avec le nouveau Premier ministre en vue de la formation du gouvernement, un grand ministère de l'Ecologie, couvrant le développement durable et l'énergie, était proposé aux Verts après le départ des ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin.

Manuel Valls, avec lequel les écologistes ont eu des désaccords politiques dans le passé, notamment sur les questions d'immigration, avait en outre déclaré qu'il ne débaucherait pas de recrues qui ne soient pas soutenues par le parti.

Au terme de huit heures de discussions tendues, le bureau exécutif d'EELV, plutôt acquis à Cécile Duflot, a voté par la suite contre une participation au futur gouvernement.

"Nous sommes conscients que nous avions peut-être une possibilité d'avancer sur ces choix (la transition énergétique, NDLR)", déclare Emmanuelle Cosse dans Le Monde de mercredi.

"NI DÉFIANCE ABSOLUE NI CONFIANCE AUTOMATIQUE"

"Si les écologistes font le choix de ne pas être au gouvernement, ce n'est pas juste notre échec. C'est surtout l'échec d'une majorité. Il y a aussi une responsabilité lourde de François Hollande", affirme-t-elle.

Les écologistes se considèrent toujours membres de la majorité présidentielle mais réservent leur position quant au vote de confiance qui suivra mardi prochain le discours de politique générale de Manuel Valls à l'Assemblée.

Avec le retour de Cécile Duflot, dont des élus craignent qu'elle ne prenne l'ascendant, le groupe EELV à l'Assemblée comptera 18 membres.

"Ni défiance automatique ni confiance absolue", a résumé mercredi le chef de file des sénateurs EELV, Jean-Vincent Placé, sur BFMTV et RMC Info. "On ne vote pas la confiance a priori", a confirmé Emmanuelle Cosse sur i>TELE.

Les coprésidents du groupe EELV à l'Assemblée nationale sont furieux et regrettent "un mauvais coup" porté à l'écologie.

"Parmi deux choix mauvais, on a fait le pire", a déploré sur France 2 Barbara Pompili, accusant Cécile Duflot et Pascal Canfin d'avoir "joué un peu personnel" et imposé une "oukaze" sans appel à l'endroit de Manuel Valls.

Dès mardi soir, François de Rugy avait parlé d'"une décision incompréhensible".

"Moi je pense qu'on aurait dû dire 'Banco!'", quitte à faire défection en cas de divergences de fond, a dit Barbara Pompili. "Du coup on se retrouve dans un positionnement qui est compliqué, (...) on est dehors tout en étant des partenaires".

Pour l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, qui s'exprimait sur i>TELE, "c'est une faute, c'est une erreur".

DUFLOT EN ACCUSATION

Selon lui, Manuel Valls, outre un grand ministère taillé sur mesure pour les écologistes, proposait une dose de 25% de proportionnelle, "une porte de sortie pour enterrer rapidement l'aéroport de Notre-Dame des Landes". Barbara Pompili a fait état d'engagements sur la transition énergétique, la réforme fiscale, la réforme des collectivités territoriales.

Des élus s'inquiètent pour l'avenir et la cohésion du parti, qui réunit son conseil fédéral samedi.

Emmanuelle Cosse dément toute "fracture" et toute volonté de mainmise de Cécile Duflot, que David Assouline, porte-parole du Parti socialiste, a accusé sur i>TELE d'avoir "choisi une stratégie politique personnelle".

"On n'est pas là pour se diviser", a dit la secrétaire nationale d'EELV sur i>TELE. "La position des uns et des autres va s'homogénéiser", veut croire Jean-Vincent Placé.

Cécile Duflot "a le droit d'avoir une stratégie personnelle, mais elle n'a pas le droit de prendre le mouvement en otage", a jugé Daniel Cohn-Bendit.

Le député européen souhaiterait qu'une personnalité reconnue de la mouvance écologiste, comme l'ancienne ministre Dominique Voynet ou Nicolas Hulot, entre au gouvernement pour porter les idées d'EELV, quand bien même le parti a averti que tout débauchage serait sanctionné par une expulsion.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • DADA40 le samedi 5 avr 2014 à 10:15

    SUITE ; cela correspond à la production dite alternative mais il faudrait leur facturer le vrai prix du photovoltaïque soit environ 1 Euro par kWh (tous frais compris). Là ils comprendraient que leurs choix sont irréalistes.

  • DADA40 le samedi 5 avr 2014 à 10:12

    On devrait leur interdire de respirer car la respiration produit du gaz carbonique , gaz à effet de serre. Je propose aussi de leur couper l'électricité dans la journée et de ne leur en donner que 2 heures par nuit.

  • John222 le vendredi 4 avr 2014 à 18:35

    ** Tant que ce parti ne comprendra pas qu'on peut etre écolos et pas forcement de gauche il n'avancera pas. ** est on ne peut plus vrai !L'écologie est de gauche? Ah bon moi je trie des deux cotés ;-)

  • gendrefr le vendredi 4 avr 2014 à 12:26

    sea shepeard sont des ecolos. eux (eelv) des taxmans

  • M1765517 le mercredi 2 avr 2014 à 12:30

    tant mieux, qu'on leur coupe aussi le robinet du cash et le son des micro, ils pourront tjrs ameliorer leur capacité scolaire avec le temps libre !

  • M9244933 le mercredi 2 avr 2014 à 11:59

    C'est affligeant comme l'écologie, qui concerne tout le monde et ses descendants en particulier, est confisquée en France par une bande d'apparatchiks possédés à la fois d'une idéologie destructrice et d'un arrivisme personnel. Et c'est tout -presque rien- ce qui reste, après un score de 16% de Cohn-Bendit aux européennes précédentes. Qui parlait autrement plus vrai, et qui doit se demander ce qu'il fait encore là.

  • frank101 le mercredi 2 avr 2014 à 11:40

    ce ne sont pas des verts mais des rouges alors trés bonne nouvelle ! quand aurons nous des vrais verts qui adoptent l'economie de marché et l'ecologie.Par contre TAubira à la justice, Ail !

  • mlaure13 le mercredi 2 avr 2014 à 11:32

    Quant aux Verts dans le fr//uit de la République, ils ont pou//rri l’idée même que l’on se fait de l’écologie…A dégager sur le tas de fum//ier !...ça fera de l'engrais pour la nature ...et encore, à surveiller de très près !... (il y a de la censure)

  • muck12 le mercredi 2 avr 2014 à 11:12

    valls personnage impossible trop de trop

  • mipolod le mercredi 2 avr 2014 à 10:59

    Que le parti des pastèques (vert à l'extérieur et rouge vif à l'intérieur, parti d'extrème gauche) ne soit plus au gouvernement est une bonne nouvelle en soi. Au remaniement ministériel j'aurais préféré la dissolution de l'assemblée. Partie remise aux européennes ?