Les ventes des parfumeries reculent encore en 2013 en France

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LES VENTES DES PARFUMERIES RECULENT ENCORE EN 2013 EN FRANCE
LES VENTES DES PARFUMERIES RECULENT ENCORE EN 2013 EN FRANCE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Le marché français des parfums et cosmétiques vendus en circuit "sélectif" (parfumeries, chaînes, grands magasins) a reculé pour la deuxième année consécutive en 2013, contrastant avec de solides progressions enregistrées dans les pays anglo-saxons.

Les ventes de parfums, crèmes de beauté ou rouges à lèvres ont ainsi reculé de 1,5% l'an dernier en France en valeur, à 2,9 milliards d'euros, avec une baisse atteignant 3,9% en volume, tandis qu'elles ont grimpé de 5% aux Etats-Unis et de 5,7% au Royaume-Uni, selon les données de l'institut NPD.

"En France, ce n'est certes pas une grande année. Mais le marché a quand même bien résisté, dans un environnement difficile", a déclaré à Reuters Mathilde Lion, expert beauté pour l'Europe chez NPD.

La baisse a atteint 1,7% dans le parfum, qui pèse pour les deux tiers du marché français de la beauté (cosmétiques et maquillage compris) et qui a vu pas moins de 294 lancements ou nouvelles versions de "jus" anciens. Les produits de soin ont eux aussi reculé de 1,7%, tandis que la baisse a été plus limitée (-0,7%) dans le maquillage.

Si le maquillage résiste mieux, grâce à des prix plus doux, le vernis à ongles accuse un repli pour la première fois depuis sept ans, après une explosion entre 2006 et 2012.

"Le marché était en baisse en juin, et n'est pas parvenu à redresser la barre", souligne Mathilde Lion, qui relève cependant que le marché premium a progressé dans l'ensemble des catégories. Les parfums à plus de 75 euros ont vu leurs ventes augmenter de 9% et les crèmes à plus de 100 euros ont vu les leurs gagner 12%.

INVICTUS BAT TOUS LES RECORDS DE LANCEMENT

Du côté des lancements de parfums, "Si" de Giorgio Armani (L'Oréal) occupe la première place devant Repetto (Interparfums), tandis que du côté des masculins, Invictus, le dernier-né de Paco Rabanne (groupe Puig) s'annonce comme un lancement historique après seulement six mois de ventes.

De l'avis des experts du secteur, les parts de marché de la distribution "sélective" s'érodent depuis plus d'un an, surtout dans le soin et le maquillage, au profit d'autres circuits plus concurrentiels.

La parapharmacie gagne du terrain, selon l'institut Kantar, grâce à une offre de plus en plus ciblée et un positionnement de prix attractif. Par ailleurs, l'offre à bas prix s'étend avec l'arrivée de la chaîne italienne Kiko, de Bellista, le nouveau concept low cost de Nocibé, ou bien des centres Hema Beauty, testés par la chaîne néerlandaise Hema.

Dans le parfum, l'offre à bas coût s'est aussi étoffée, avec les "jus" des marques de prêt-à-porter comme ceux lancés l'espagnol Desigual ou celui du géant suédois H&M créé avec la marque de mode japonaise Comme des Garçons.

En France, seulement un quart de la population fréquente les parfumeries, alors que les systèmes de distribution des pays anglo-saxons, via les grands magasins et les drugstores, sont beaucoup plus fluides.

Les performances sont cependant contrastées selon les circuits. Les ventes des chaînes (Sephora - propriété du groupe LVMH -, Marionnaud et Nocibé), qui pèsent pour 76% du circuit sélectif, sont restées stables, tandis que les grands magasins (9%) ont grappillé 0,5%. Les parfumeries indépendantes, les plus touchées, ont accusé un recul de 9,8%.

Le marché français de la beauté, incluant les produits vendus dans la grande distribution et les parapharmacies - et hors marques indépendantes comme Yves Rocher ou L'Occitane - est estimé à environ 10,6 milliards d'euros.

Edité par Dominique Rodriguez

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