Les ventes de Tesco font du surplace en Grande-Bretagne

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par Neil Maidment et James Davey

LONDRES (Reuters) - Tesco, numéro un de la distribution en Grande-Bretagne, a fait état mercredi de ventes inchangées sur son marché intérieur lors du trimestre écoulé, le milliard de livres (1,2 milliard d'euros) investi pour y relancer son activité n'ayant pas encore porté ses fruits.

Même si une telle stabilité des ventes correspond au haut de la fourchette des prévisions des analystes financiers, le titre n'en accuse pas moins l'une des fortes baisses en Europe, entraînant dans son sillage d'autres grands noms du secteur comme Delhaize (-2,05%) et Carrefour (-1,97%).

Vers 09h10 GMT, l'action Tesco plongeait de 3,30% à 347,23 pence alors que l'indice regroupant les valeurs européennes de la distribution cédait 1,5%, accusant la baisse sectorielle la plus marquée.

L'incapacité de Tesco, troisième distributeur mondial derrière Wal-Mart et Carrefour, à faire progresser ses ventes est cruellement soulignée par les chiffres publiés au même moment par J Sainsbury.

Le numéro trois en Grande-Bretagne a en effet annoncé une hausse de 2,0% (hors essence) de ses ventes à magasins constats, à la faveur de bonnes performances commerciales de ses supermarchés de proximité et de ses activités en ligne.

Cela n'empêche pas le titre Sainsbury de reculer de 1,64% à 383,8 pence.

Tesco est engagé depuis un an et demi dans un plan de redressement en Grande-Bretagne, où le groupe réalise les deux tiers de ses bénéfices. Il a ainsi remis à neuf une bonne partie de ses magasins dans le pays, élargi sa gamme de produits et embauché plus de personnel.

Mais, selon des données mensuelles du secteur, la part de marché de Tesco continue de se contracter.

CONCURRENCE DU HARD DISCOUNT

La stabilité des ventes à magasins constants - ceux ouverts depuis au moins un an - sur les 13 semaines au 24 août, deuxième trimestre de l'exercice fiscal 2013-2014 de Tesco, représente un progrès par rapport au repli de 1% subi au premier.

Sur les six mois au 24 août, le bénéfice opérationnel de Tesco a reculé de 7,6% à 1,59 milliard de livres, chiffre conforme aux attentes du marché. Ce recul est notamment le fait de piètres performances en Europe continentale, où le résultat d'exploitation a chuté de 68%.

"Nous continuons à aller de l'avant dans notre volonté d'améliorer Tesco au Royaume-Uni et les investissements que nous avons réalisés dans nos activités à l'international commencent à se faire sentir dans les performances du second semestre", note le groupe dans un communiqué.

"Ceci étant dit, les conditions économiques difficiles à l'étranger, en particulier en Europe, ont pesé sur la consommation des ménages (...) ce qui s'est traduit par un niveau de ventes inférieur à ce qui était prévu.

Un temps considéré comme un modèle par ses concurrents, Tesco a été affecté dernièrement par des retraits coûteux de pays tels que le Japon et les Etats-Unis et par l'impact de la découverte de viande de cheval dans des plats préparés étiquetés comme contenant de la viande de boeuf.

Selon JP Morgan Cazenove, Tesco est aussi le plus touché par la concurrence des enseignes à bas coûts telles qu'Aldi et Lidl.

La progression des ventes constantes de Sainsbury sur les 16 semaines au 28 septembre, deuxième trimestre de son exercice, est conforme aux attentes des analystes, dont la fourchette de prévisions allait de +1,5% à 2,8%.

Elle intervient après une augmentation de 0,8% de ses ventes au premier trimestre et constitue une 35e hausse d'affilée des ventes sous-jacentes.

Sainsbury est le numéro trois du secteur en Grande-Bretagne derrière Tesco et Asda, filiale de Wal-Mart. La part de marché de Sainsbury, qui talonne Asda, s'est établie à 16,6%, son meilleur niveau depuis près de 10 ans.

D'après le cabinet d'études spécialisé Kantar Worldpanel, Sainsbury est le seul des "quatre grands" du secteur de la distribution en Grande-Bretagne, une liste qui comprend également Morrisons, à avoir augmenté sa part de marché sur l'année écoulée.

Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison

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