Les ventes de surgelés reculent pour la première fois depuis vingt ans

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Victimes collatérales du scandale de la viande de cheval, les entreprises du surgelé ont enregistré l'année dernière une baisse de leurs ventes de 1,2% en valeur. Une première.

Un peu plus d'un an an après le scandale de la viande de cheval, le secteur du surgelé encaisse le coup. Pour la première fois depuis vingt ans, ce secteur a déploré une baisse de ses ventes de 1,2% en valeur l'année dernière, à 9,1 milliards d'euros. En volume, les ventes ont même reculé de 2,2% en 2013 par rapport à 2012, selon l'organisation professionnelle du secteur, qui regroupe 38 entreprises. C'est la consommation de surgelés à domicile, dont le chiffre d'affaires baisse de 2,8% à 5,5 milliards d'euros, et en particulier la consommation de plats préparés, qui ont tiré le marché vers le bas. En 2013, chaque ménage a dépensé 185,30 euros de surgelés en moyenne, contre 191 euros en 2012.

En réalité, le scandale de la viande de cheval a accéléré une évolution déjà constatée en 2012. Les ventes de surgelés avaient alors stagné. Surtout, les consommateurs avaient déjà particulièrement boudé les plats cuisinés, qui représentent le quart du chiffre d'affaires du secteur, selon l'institut Kantar. Une tendance que la fédération retrouve à plus forte raison cette année. «Les Français ont passé du temps à cuisiner des produits bruts, plutôt que d'acheter des produits préparés», expliquent les entreprises des glaces et surgelés. Les ventes de légumes bruts ont par exemple grimpé de 0,9% l'année dernière. Deux mois après le début du «horsegate», 72% des consommateurs interrogés par l'institut Kantar déclaraient être prêts à préparer eux-mêmes leurs lasagnes ou leurs moussakas. 60% étaient en effet déterminés à réduire leur consommation de plats préparés.

Le poisson caracole

L'effet du «horsegate» sur la consommation a été particulièrement fort pendant les semaines qui ont suivi le début du scandale. La première semaine, les ventes de plats cuisinés à base de boeuf avaient chuté de 45%. A plus long terme, les fabricants ont été diversement touchés par cette onde de choc. Findus, pourtant directement impliqué, affirmait en mai dernier que ses ventes étaient rapidement redevenues stables. La marque tablait alors sur un chiffre d'affaires en progression de 4% à 5% sur l'ensemble de l'année, au lieu des 10% prévus avant le début du scandale. Et pour cause: les produits à base de viande ne représentent que 5% de leur chiffre d'affaires et les plats préparés 10%. Les deux produits phare de Findus sont en effet le poisson et les épinards surgelés, qui connaissent globalement une forte croissance.

Nestlé, qui n'a pas été directement touché par la fraude, a en revanche décidé en octobre de fermer son unité de production de lasagnes et de hachis parmentier Maggi de Beauvais, supprimant au passage 120 postes. Selon la marque, ses ventes restaient à l'automne en recul de 25% par rapport à l'avant-crise. En mai 2013 déjà, le fabricant de lasagnes surgelées Fraisnor de Feuchy, dans le Pas-de-Calais, avait mis la clé sous la porte...

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  • jbany le jeudi 3 avr 2014 à 10:16

    Et les ventes de Congélateurs? Ont elles baissée?

  • oisif le mercredi 2 avr 2014 à 17:10

    Pour les bébés ça augmente au contraire les surgelés.