Les ventes de Pfizer déçoivent au 1er trimestre

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PFIZER DÉÇOIT AU 1ER TRIMESTRE
PFIZER DÉÇOIT AU 1ER TRIMESTRE

par Ransdell Pierson

NEW YORK (Reuters) - Pfizer, le numéro un américain de la pharmacie, a publié lundi un chiffre d'affaires trimestriel nettement inférieur aux attentes en raison de la baisse de ses ventes de médicaments génériques, soulignant son intérêt à acquérir AstraZeneca pour trouver de nouveaux relais de croissance.

Pfizer a dit espérer que son offre améliorée à 50 livres par action, annoncée vendredi, permettrait au laboratoire britannique d'"amorcer un dialogue et d'engager des discussions relatives à une possible combinaison des deux groupes".

AstraZeneca a cependant aussitôt rejeté l'offre, estimant que le prix le sous-évaluait "considérablement".

Pfizer a vu son chiffre d'affaires chuter de 9% sur les trois premiers mois de l'année à 11,35 milliards de dollars (8,18 milliards d'euros), soit 730 millions de dollars de moins qu'attendu par Wall Street. Le titre cédait plus de 2% vers 15h00 GMT à Wall Street, tandis que le Dow Jones était stable.

Le bénéfice net du groupe a reculé à 2,33 milliards de dollars, soit 36 cents par action, contre 2,75 milliards (38 cents/action) sur la période correspondante l'an dernier. Les résultats du premier trimestre 2013 intégraient des profits générés par des transferts de droits de propriété sur certains produits.

Hors exceptionnels, le bénéfice par action est de 57 cents, supérieur au consensus Thomson Reuters I/B/E/S qui donnait 55 centimes.

"Les premiers résultats sont sans aucun doute plus faibles que nous l'avions anticipé", a déclaré un analyste de Morningstar, Damien Conover, citant notamment des ventes décevantes de médicaments génériques hors Etats-Unis.

Le groupe pharmaceutique prévoit toujours un bénéfice ajusté compris entre 2,20 et 2,30 dollars par action, mais sa prévision ne prend pas en compte l'éventualité que son antidouleur Celebrex soit concurrencé cette année par un générique aux Etats-Unis.

Les ventes de Celebrex ont baissé de 4% à 624 millions de dollars au premier trimestre.

LES GÉNÉRIQUES ET LES MÉDICAMENTS CLÉ TRÉBUCHENT

"Ce que nous voyons, c'est un premier trimestre inhabituellement faible, mais je ne suis pas certain que cela soit représentatif de l'année entière", a déclaré Richard Purkiss d'Atlantic Equities à Londres. Il note notamment que le groupe n'a pas abaissé ses prévisions annuelles de chiffre d'affaires.

Selon lui, les ventes d'un certain nombre de médicaments clé de Pfizer, dont le Celebrex et le Viagra, ont été surestimées et les ventes mondiales de l'anti-cholestérol Lipitor, désormais en concurrence avec des génériques aux Etats-Unis, ont déçu.

Si la fusion avec AstraZeneca est menée à terme, il s'agira de la plus importante acquisition d'un groupe britannique par une société étrangère.

Pfizer avait approché AstraZeneca en janvier avec une offre valorisant le laboratoire britannique 46,61 livres par action puis avait relevé son offre le 26 avril.

Il s'agit du troisième refus essuyé par Pfizer mais les investisseurs du secteur pharmaceutique estiment qu'il est prêt à encaisser encore quelques rejets avant de se résoudre à envisager une OPA hostile qui s'annoncerait compliquée.

Selon la loi britannique sur les fusions-acquisitions, le groupe américain a jusqu'au 26 mai pour annoncer une offre ferme ou abandonner.

Les ventes des trois segments d'activité de Pfizer ont diminué par rapport à la même période un an plus tôt.

Sa division de produits "établis", composée de centaines de médicaments génériques et de ceux sur le point de ne plus être protégés par un brevet, est celle qui a le plus souffert. Ses ventes ont chuté de 13% à 5,99 milliards de dollars (4,31 milliards d'euros).

Les ventes de sa division Vaccin, Oncologie et Santé grand public ont plongé de 20 millions de dollars (14,41 millions d'euros) à 2,17 milliards (1,56 milliards d'euros), tandis que le chiffre d'affaires de sa division Innovation, qui inclut des médicaments encore protégés par un brevet, ont baissé de 7ù à 3,07 milliards (2,21 milliards d'euros).

C'est la première fois que le groupe publie les chiffres détaillés des trois segments, ce qui pourrait être le prélude à la cession de l'un ou plusieurs d'entre eux d'ici 2017.

Nombre d'analystes et investisseurs espèrent voir le groupe céder sa division de produits établis, après avoir scindé récemment ses activités de santé animale et de nutrition pour bébés. Pfizer devra auparavant avoir compilé trois années de données financières pour chaque division qu'il pourrait céder, d'où cette publication.

Le groupe prévoit toujours de racheter environ pour cinq milliards de dollars (3,60 milliards d'euros) de ses actions cette année, dont 1,7 milliard (1,22 milliards d'euros) l'ont déjà été.

(Ransdell Pierson; Marc Angrand et Mathilde Gardin pour le service français, édité par Véronique Tison)

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