Les ventes de logements neufs en chute

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Le prix des appartements neufs ne baisse pas malgré la crise. En 2012, ils ont même augmenté de 0,9% après une hausse de 7% l'année précédente.

«Le risque est grand de voir le secteur subir un véritable désastre industriel et social.» Président de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers), François Payelle a poussé un véritable cri d'alarme jeudi. Il faut dire que les ventes de logements neufs se sont effondrées l'année dernière. Seulement 73.700 appartements ou maisons en village ont trouvé preneur. 28% de moins qu'en 2011. Et la situation ne devrait pas s'améliorer cette année. «Janvier a été très mou, confie François Payelle. Nous allons essayer de défendre la ligne Maginot des 70.000 logements neufs cette année.»

Si les ventes se portent mal, c'est que le prix des appartements neufs ne baisse pas malgré la crise. En 2012, ils ont même augmenté de 0,9%, après une hausse de 7% l'année précédente. Curieux alors que, dans l'immobilier ancien, les tarifs sont en recul depuis un an. Les promoteurs rejettent en partie la responsabilité du phénomène sur les banques.

Un PTZ recalibré

Si les promoteurs immobiliers n'attendent pas un redressement des ventes cette année, c'est aussi que pas mal d'interrogations demeurent. D'abord, la progression du chômage décourage beaucoup d'acheteurs potentiels. Ensuite, le PTZ + (prêt à taux zéro) - même recalibré par le gouvernement Ayrault - ne resolvabilise pas suffisamment les ménages aux faibles revenus. «Duflot a fait en sorte que les acheteurs appartenant au premier décile (les moins fortunés, NDLR) bénéficient d'un différé d'emprunt supérieur à dix ans, souligne Alexandra François-Cuxacc, vice-présidente de la FPI. Il faudrait étendre cette mesure au deuxième et troisième déciles.»

Entrée en application en janvier, la loi Duflot qui s'adresse à ceux qui achètent un logement pour le louer suscite aussi des questions. «Les plafonds de loyers, situés 20% en dessous des prix du marché, peuvent être diminués localement par le préfet. Espérons que cela ne sera pas souvent le cas», déclare François Payelle qui pense raisonnable l'objectif de 40.000 logements vendus en 2013 grâce à ce dispositif. Dans ce contexte, les promoteurs verraient d'un bon ½il le retour dans le logement des assureurs-vie-contraints-forcés par le gouvernement. «Cela pourrait permettre de vendre 30.000 à 40.000 logements supplémentaires», estime François Payelle.

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  • M5299935 le mercredi 20 fév 2013 à 10:29

    à chaque changement de propriétaire c'est 15% de taxes, de marges de frais de notaire etc... comment voulez vous stabiliser les prix de l'immobilier dans ces conditions si ce n'est en ruinant les particuliers contraint de vendre puis d'acheter suite aux contraintes de l'emploi.... les collectivités gagnent combien à ce petit jeu?....

  • bignou56 le mardi 19 fév 2013 à 22:59

    ceux qui habitent en logement social payent 90 euros par mois de loyer.pourquoi ils achèteraient ?

  • janaliz le dimanche 17 fév 2013 à 22:39

    Extraordinaire ! Quel hasard ! La duflotisation serait-elle donc contraire ! Etonnant !

  • frgbour le vendredi 15 fév 2013 à 13:18

    c'est le même combat que pour les agences immo: il faut resolvabiliser les acheteurs (par n'importe quels moyens) ou réduire le nombre de normes; mais surtout pas toucher à nos marges.

  • supersum le vendredi 15 fév 2013 à 11:42

    C'est le second effet de super Duflot la femme au pied de biche doré

  • matledro le vendredi 15 fév 2013 à 11:03

    Sans oublier que les étrangers et les non residents qui achetaient se prennent désormais du 48% d impôt sur les plus values.....faut bien penser avant d acheter...ou ne plus acheter du tout.

  • tonioff le vendredi 15 fév 2013 à 10:49

    Les particuliers ne veulent pas s'endetter pour financer les marges des promoteurs ... Prix de leurs offres à revoir.

  • dupon666 le vendredi 15 fév 2013 à 10:25

    des logements supplementaires ..pour qui?les pauvres font de plus en plus de colocation.