Les ventes de gaz pénalisées par le climat en 2014

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La consommation des particuliers a chuté de près de 20 % l'an dernier.

Coup de chaud sur la demande de gaz en France: les températures exceptionnelles enregistrées l'année dernière ont fait plonger la consommation de gaz: elle a chuté de 16,5 % en 2014, à hauteur de 390 térawattheures (TWh) selon les données publiées mercredi par GRTgaz - l'entreprise qui gère 80 % du réseau de gazoducs dans l'Hexagone. Hors effets climatiques, cette baisse est toutefois beaucoup moins sensible: elle atteint 5,4 %, à 420 TWh. À titre indicatif, en 2013, la consommation avait progressé de 1,3 %.

C'est chez les particuliers et les petites entreprises que la chute est la plus importante: une véritable dégringolade de 19,2 % à 250 TWh. C'est la baisse la plus importante depuis dix ans, souligne Thierry Trouvé, le directeur général de GRTgaz. Les particuliers sont en effet la frange de clientèle la plus exposée en besoins de chauffage.

Un hiver «exceptionnel»

Dans les grandes entreprises, où le gaz est nécessaire à la production, la consommation avec 121 TWh en 2014 résiste plutôt bien: depuis dix ans, la courbe est relativement stable, note encore GRTgaz.

Si les particuliers se sont réjouis des températures très clémentes l'année dernière, il n'en va pas de même pour les opérateurs. En 2014, les fournisseurs de gaz, qui comptent traditionnellement beaucoup sur la saison de chauffe - de décembre à mars - pour doper leur activité, ont sérieusement déchanté. Interrogés sur cette situation, ils livrent très peu d'éléments sur leur situation commerciale. S'agissant de la sensibilité financière du groupe au climat, GDF Suez rappelle simplement qu'une dizaine de degrés par jour au-dessus des normales saisonnières a un impact de 13 à 15 millions d'euros en moins sur son Ebitda. Fin février, le groupe publiera ses comptes au titre de l'exercice 2014: on saura alors exactement combien lui a coûté cet hiver «exceptionnel».

Chez ENI, Daniel Fava, directeur général pour la France, souligne que l'année 2015 «démarre sous de meilleurs auspices, avec des températures plus conformes à la saison». L'opérateur européen n'a pas encore complètement calculé l'impact financier de la météo 2014. Mais il note d'ores et déjà que la consommation de ses clients en France - plus de 400.000 particuliers et environ 55.000 entreprises - a baissé entre 5 et 10 %. Pour compenser ce manque à gagner, ENI a entrepris de baisser ses coûts et, parallèlement, il a développé plus vite que prévu son offre de services énergétiques.

Outre l'incidence du climat, la consommation globale de gaz en France a aussi été très pénalisée par le recul de cette source d'énergie dans la production d'électricité (- 34 % en 2014). «Depuis 2011, les volumes de gaz dans la production électrique ont chuté de 60 % pour atteindre 19 TWh seulement en 2014», précise GRTgaz. Ce phénomène, qui concerne tous les pays en Europe, a conduit les opérateurs à fermer - ou mettre sous cocon - de nombreuses centrales à gaz.

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