Les véhicules diesel bientôt interdits dans les centre-ville ?

le
0
Qui dit interdiction des véhicules diesel en ville dit moins de pollution atmosphérique.
Qui dit interdiction des véhicules diesel en ville dit moins de pollution atmosphérique.

Tel est le v?u du sénateur EELV Jean-Vincent Placé et du député socialiste Jean-Marie Le Guen, pour lequel il s'agit d'une décision « incontournable ». Les deux hommes auront toutefois du mal à faire triompher leurs vues.



Le fait que le dispositif des ZAPA (Zones d'action prioritaires pour l'air) ait du plomb dans l'aile, les agglomérations candidates le jugeant injuste ? il tend en effet à pénaliser les modèles les plus énergivores, donc les ménages les moins aisés ?, démontre en effet que cette mesure, quand bien même elle ferait le bonheur des écologistes et des ONG de protection de l'environnement, n'est pas pour demain. S'ajoutent les difficultés actuelles du groupe PSA, qui continuent de faire la une de l'actualité et sont révélatrices du triste état du marché de l'emploi en France. Car le constructeur mise depuis longtemps sur les moteurs diesel à injection (HDI), comme le rappellent nos confrères du Figaro.


Et le site Internet du quotidien de citer M. Le Guen, qui voit en cette interdiction une manière efficace de lutter contre la pollution atmosphérique, sachant que celle-ci ferait plus de quarante mille victimes chaque année en France si l'on en croit les estimations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et que le bilan annuel du ministère de l'Ecologie a révélé que près de douze millions de nos concitoyens ont vécu l'an passé dans des zones où les seuils de particules fines ont dépassé les normes légales autorisées. Incapables d'endiguer le phénomène, les gouvernements successifs ont fini par faire de l'Hexagone une cible de l'Union Européenne (UE), laquelle pourrait prochainement l'obliger à s'acquitter d'une lourde amende.



Réduire à tout prix la pollution atmosphérique


« À un moment ou à un autre, la justice, la Cour européenne nous dira d'arrêter d'avoir ce niveau de particules et donc il faut prévenir cela », assure en tout cas M. Le Guen, qui s'est exprimé vendredi dernier au micro de RTL. M. Placé, qui de son côté préconise, à terme, l'interdiction totale du carburant au nom de la défense du pouvoir d'achat et de l'environnement, a quant à lui déploré sur Europe 1 que « des mesures européennes commencent à se mettre en place et (que la France, elle, soit) à la traîne ». Partisan dans l'immédiat d'une suppression des « niches diesel qui favorisent le diesel dans notre pays », le président du groupe EELV au Sénat a en outre regretté que le ministre du Budget ne soit « pas très réceptif » sur ce sujet.


A la décharge de Jérôme Cahuzac, les ventes de voitures électriques et hybrides sont encore loin de soutenir la comparaison avec celles de leurs homologues thermiques et les achats de diesel sont même en augmentation, le gasoil demeurant moins cher que l'essence. Partant de là, l'interdiction prônée par M. Placé paraît relever du fantasme.


Il reste que le dossier, déjà abordé durant la Conférence environnementale le week-end dernier, sera une nouvelle fois évoqué demain à l'occasion d'une réunion au ministère de l'Ecologie avec les représentants des sept collectivités volontaires pour l'expérimentation des ZAPA (NDLR : Paris, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Bordeaux (Gironde), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Grenoble (Isère) et Lyon (Rhône) ). Il s'agira de relancer le processus. Sans perdre de vue que la volonté du gouvernement de lutter contre la pollution atmosphérique est en jeu.


Lire la suite
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant