Les valeurs financières et l'Italie pèsent sur les Bourses

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par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Les valeurs financières font plonger les Bourses européennes mercredi, les inquiétudes entourant l'avenir de l'Italie accentuant la nervosité des investisseurs après que le président du Conseil Silvio Berlusconi a annoncé qu'il quitterait ses fonctions une fois voté le nouveau budget italien.

Vers 12h15, l'indice Stoxx des banques européennes (-3,7%) et celui des assureurs (-3,76%) signent les deux plus fortes baisses sectorielles en Europe, plombées notamment par les valeurs financières italiennes (-4,82%). Les deux indices avaient pourtant gagné jusqu'à 1,9% et 1,7% respectivement dans les premiers échanges.

A Paris, Axa reculait de 4,64%, BNP Paribas de 2,83%, Crédit agricole de 2% et Société générale de 4%.

Ailleurs en Europe, Intesa Sanpaolo chutait de 5,5% et les banques grecques abandonnaient 4,94%.

"On est vraiment dans des marchés 100% politiques. Malgré le départ de Berlusconi, les problèmes structurels de l'Italie demeurent", commente Alexandre Baradez, analyste de marché chez Saxo Banque.

Après avoir initialement salué la démission de Silvio Berlusconi, le marché s'interroge sur l'avenir de l'Italie alors que le pays manque de crédibilité pour réduire son déficit dans la durée, soulignent les analystes, rappelant que le problème italien est d'éviter de plonger en récession à cause de mesures d'austérité trop fortes et trop rapides.

VERS UNE INTERVENTION DE L'EUROPE ET DU FMI ?

"La question maintenant est de savoir combien de temps vont prendre les partis italiens pour s'accorder et rassurer les créanciers et les partenaires du pays. La formation d'un gouvernement de techniciens apparaît comme la plus probable et la plus favorable, mais elle est encore loin d'être acquise", estime dans une note CM-CIC Securities.

Lorsqu'un gouvernement en Italie perd la confiance du Parlement ou démissionne, il incombe au président de la République de demander à une personnalité politique de former une nouvelle coalition viable ou de convoquer des élections législatives anticipées.

En attendant, le rendement des emprunts d'Etat italiens à 10 ans n'en finit plus d'augmenter et approche désormais 7,5% tandis que l'écart (spread) avec l'emprunt allemand de même maturité dépasse 570 points de base (pdb).

Ces niveaux ne vont pas sans susciter les craintes des investisseurs, certains les considérant comme insoutenables pour l'Italie et rappelant les précédents irlandais, grecs et portugais où un spread supérieur à 600 points de base et un taux à 10 ans dépassant 8% avaient conduit l'Europe et le Fonds monétaire internationale (FMI) à intervenir.

"En l'absence d'accord entre Européens sur l'extension des capacités du Fonds européen de stabilité financière (FESF), la BCE est le seul rempart contre la hausse des taux", souligne Alexandre Baradez.

"Au rythme de quelque 11 milliards de rachats de dette des pays en difficulté par semaine, la BCE pourrait atteindre dans un à deux mois la limite de ses fonds propres", ajoute-t-il.

Des inspecteurs de l'Union européenne sont attendus dans la journée à Rome pour entamer une mission de surveillance destinée à garantir que des réformes économiques sont mises en oeuvre dans le cadre de l'accord intervenu la semaine dernière au sommet des pays du G20 à Cannes.

Avec Raoul Sachs, édité par Dominique Rodriguez

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