Les valeurs exclues du PEA-PME

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(lerevenu.com) - Parce qu'ils emploient plus de 5.000 salariés, des groupes comme Norbert Dentressangle, Bénéteau, Ubisoft ou la Fnac ne pourront figurer dans le futur PEA-PME. Aberrant. 

Le projet de loi de finances, en discussion au Parlement, prévoit la création dès le 1er janvier prochain d'un PEA-PME qui vise à réorienter l'épargne des ménages vers les entreprises de petite ou de moyenne taille. Ce nouveau plan bénéficiera des mêmes avantages que le PEA «classique». Son plafond devrait être de 75.000 euros. 

Les investisseurs se frottent les mains :
le nouveau dispositif devrait drainer vers les valeurs moyennes entre 1,5 et 4,5 milliards d'euros, selon les estimations. Une manne non négligeable qui aura un effet positif sur les volumes, et in fine sur les cours. 

Pour être éligible au PEA PME, une société devra répondre aux critères de l'Insee définissant une PME ou une ETI
(entreprise de taille intermédiaire) : moins de 5.000 salariés, un chiffre d'affaires inférieur à 1,5 milliard d'euros ou un total de bilan qui n'excède pas 2 milliards. Il n'y a aucun lien avec la capitalisation boursière. 

Quelques poids lourds de la cote pourront donc figurer dans un PEA PME
 : Eutelsat (5 milliards d'euros de capitalisation), Rémy Cointreau (4 milliards), Groupe Eurotunnel (3,7 milliards) et Ingenico (2,9 milliards). 

Plus problématique, ces conditions d'éligibilité excluent bon nombre de sociétés qui sont pourtant de véritables valeurs moyennes selon des critères boursiers !

Le bureau d'études IDMicaps en a recensé 45. Parmi elles, des entreprises réalisant des chiffres d'affaires élevés avec de faibles marges et parfois beaucoup de personnel. C'est le cas des transporteurs et logisticiens Norbert Dentressangle, Stef, ID Logistics, mais aussi de la Fnac, Derichebourg, Sequana, Bongrain, etc. 

La contrainte du nombre de salariés élimine aussi d'autres gros employeurs, comme les sociétés de services informatiques ou éditeurs de logiciels (Altran Technologies, Alten, Sopra, Asssystem, GFI Informatique, Ubisoft), les spécialistes du tourisme-loisirs (Euro Disney, Club Méditerannée, Pierre & Vacances). Enfin, des groupes à forte intensité capitalistique ou supportant des bilans tendus (Korian, Générale de santé, Aperam, Esso, etc.) ne pourront bénéficier de l'afflux de capitaux du PEA-PME alors qu'ils en auraient bien besoin.

De telles conditions d'éligibilité, si elles étaient confirmées dans la version finale du PEA-PME, pénaliseraient des entreprises fortement créatrices d'emplois. 

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