Les valeurs bancaires se replient, des doutes subsistent

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LES VALEURS BANCAIRES SE REPLIENT, DES DOUTES SUBSISTENT
LES VALEURS BANCAIRES SE REPLIENT, DES DOUTES SUBSISTENT

par Matthieu Protard et Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Le secteur bancaire européen n'est pas parvenu lundi à maintenir ses gains initiaux en Bourse au lendemain de la publication des résultats de la revue de la qualité de leurs actifs et des tests de résistance menés par la Banque centrale européenne (BCE) sur 130 établissements bancaires de la zone euro.

Cet état des lieux, moins sombre que beaucoup ne le redoutaient, a certes permis aux valeurs bancaires d'ouvrir en hausse dans les premiers échanges. Mais le mouvement haussier s'est retourné en milieu de matinée, les investisseurs redoutant que la révision à la hausse des encours de prêts douteux et la surévaluation d'actifs au bilan ne pèsent sur l'attractivité du secteur.

L'indice bancaire de la zone, qui avait gagné jusqu'à 2,1%, abandonne désormais 1,42% vers 10h55.

"La qualité du capital qui a été testé n'est pas toujours optimum ni homogène", souligne François Gignoux, gérant chez Eiffel Investment, relevant que les tests ont été réalisés sur du capital qui n'intègre pas complètement les nouvelles normes réglementaires du secteur bancaire dites de Bâle III.

"Le marché va donc continuer à pousser certaines banques à lever du capital de meilleure qualité et conforme avec les règles Bâle III", poursuit-il.

Vingt-cinq des banques soumises aux tests ont échoué à l'examen global de leur situation financière à la fin de l'année dernière mais la plupart ont depuis comblé leur déficit de fonds propres, a dit dimanche la BCE.

La BCE a identifié les principaux problèmes en Italie, à Chypre et en Grèce mais elle a précisé que l'essentiel des besoins de recapitalisation était déjà couvert, le déficit résiduel de fonds propres des banques à l'échelle européenne n'excédant pas 10 milliards d'euros.

A Milan, la banque italienne Banca Monte dei Paschi di Siena, cède ainsi plus de 17% et le régulateur boursier italien a interdit les ventes à découvert sur le titre lundi et mardi.

Le groupe toscan affiche le déficit de fonds propres le plus important, à 2,1 milliards d'euros fin septembre, malgré l'augmentation de capital réalisée cette année.

A Londres, Lloyds Banking Group, dont les résultats aux tests de résistance sont les plus justes parmi les banques britanniques, abandonne de son côté plus de 2%.

BANCAIRES FRANÇAISES DANS LE ROUGE

A Paris, les valeurs bancaires, qui avaient ouvert en hausse, ont basculé en territoire négatif tandis qu'à Francfort, elles ont réduit leurs gains.

Société générale cède plus de 2,5% et Crédit agricole 2,3%. La banque allemande Commerzbank ne progresse plus que de 1% après avoir gagné près de 3%.

"Les banques européennes sont mieux capitalisées et mieux équipées pour absorber des chocs et de futures crises", commente Khalid Krim, Managing Director au sein de la division marchés de capitaux chez Morgan Stanley. "Cela ne veut pas dire que nous ne verrons pas de banques en défaillance."

"Nous avons maintenant besoin d'avoir en place des plans de contingence et de résolution qui sont à la fois crédibles et bien calibrés."

A la Bourse d'Athènes, les banques Eurobank (+1,36%) et Piraeus Bank (+1,54%) perdent aussi du terrain mais parviennent à se maintenir en territoire positif.

Les principaux établissements bancaires français ont réussi les tests de résistance de la BCE. Seule la Caisse de refinancement de l'habitat (CRH), un organisme destiné au refinancement sécurisé de crédits immobiliers résidentiels, a fait apparaître un déficit de fonds propres au 31 décembre 2013, comblé depuis par une augmentation de capital.

"Les banques françaises ont commencé de renforcer considérablement leur bilan et leurs forces depuis la fin de la crise après (la faillite de la banque américaine, ndlr) Lehman (Brothers)", a déclaré lundi François Pérol, le président du directoire du groupe BPCE, sur la radio Europe 1.

"Elles ont doublé leurs fonds propres , elles se sont débarrassées de beaucoup d'activités risquées et elles sont aujourd'hui beaucoup plus solides", a ajouté le dirigeant qui est aussi le président de la Fédération bancaire française.

(Edité par Marc Joanny)

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