Les valeurs bancaires retrouvent les faveurs des hedge funds

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    LONDRES/BOSTON, 6 mars (Reuters) - Les fonds spéculatifs 
retrouvent de l'appétit pour les valeurs bancaires, après s'en 
être largement détournés ces dernières années en raison de la 
baisse de la rentabilité des banques due à la faiblesse des taux 
d'intérêt et de l'opacité de leur bilan.  
    L'élection de Donald Trump à la Maison Blanche a déjà poussé 
certains fonds spéculatifs à revenir sur les actions des groupes 
bancaires, pariant sur une dérégulation à venir et la hausse des 
taux d'intérêt aux Etats-Unis. 
    Selon une étude de Goldman Sachs, cinq banques figurent 
parmi les 50 valeurs les plus couramment présentes dans les dix 
titres les plus détenus par les fonds spéculatifs depuis le 
début de l'année, soit la proportion la plus élevée depuis 2013. 
    Parmi ces cinq valeurs bancaires, on retrouve Bank of 
America  BAC.N , JPMorgan Chase & Co  JPM.N , Wells Fargo 
 WFC.N , Citigroup  C.N  et Citizen Financial Group  CFG.N .  
    L'appétit des investisseurs institutionnels à travers le 
monde pour les fonds spéculatifs achetant des valeurs bancaires 
a atteint en janvier son plus haut niveau depuis 1999, selon des 
des données préliminaires fournies par Blue Lion Research.  
    Beaucoup de gérants favorisent les valeurs bancaires 
américaines, mais certains fonds spéculatifs s'intéressent aussi 
aux banques européennes, en dépit des difficultés persistantes 
de certaines d'entre elles depuis la crise de 2008 et des 
incertitudes liées aux échéances électorales dans la région. 
    "Les banques européennes se paient environ la moitié de la 
valorisation des banques américaines et je pense que le risque 
politique est surévalué", fait valoir un gérant de fonds 
spéculatif basé à Londres, qui a commencé à ajouter des banques 
européennes à son portefeuille d'investissement en janvier.  
    "Une de nos positions les plus longues est Credit Suisse", 
renchérit Lars Franstedt, responsable de la stratégie 
d'investissement chez Madrague Capital Partners. De son côté, 
Said Haidar, directeur des investissements chez Haidar Capital 
Management, juge également bon marché la valorisation des 
banques européennes. 
    La faiblesse des taux d'intérêt en Europe - qui sont tombés 
en territoire négatif pour certains - a compliqué la tâche des 
banques pour dégager des profits sur les dépôts, ce qui a pesé 
sur leurs cours de Bourse et maintenu à l'écart beaucoup de 
fonds spéculatifs. 
     Mais la rentabilité des banques pourrait s'améliorer avec 
le resserrement monétaire en cours aux Etats-Unis et la 
perspective d'une hausse des taux en Europe à plus long terme.  
    "En Europe (...), la fin des mesures d'assouplissement 
monétaire suivie d'une hausse des taux à la fin 2018 ou au début 
2019 devrait soutenir les résultats", estime Said Haidar. 
    Chez Wellington Management, le fonds Bay Pond Partners, qui 
se concentre sur le secteur financier en général, a profité d'un 
fort mouvement sur les valeurs bancaires. 
    Après avoir perdu 7,1% en 2016, le fonds affiche un gain de 
6,4% depuis janvier, selon plusieurs sources familières des 
performances du fonds. 
    Les représentants officiels du fonds n'ont pas souhaité 
faire de commentaires. 
    Dans une note adressée mercredi aux investisseurs, le gérant 
américain Dan Loeb a indiqué pour sa part s'être renforcé sur 
les banques, qui représentent désormais 11,8% de son 
portefeuille de 15 milliards de dollars. Cette proportion 
n'était que de 4,4% début novembre.    
      
 
 (Maiya Keidan et Svea Herbst-Bayliss, Blandine Hénault pour le 
service français, édité par Véronique Tison) 
 

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