Les USA s'inquiètent d'une crise au Venezuela-responsables

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    par Matt Spetalnick 
    WASHINGTON, 14 mai (Reuters) - Les Etats-Unis craignent de 
plus en plus un effondrement politique et économique au 
Venezuela en raison des manifestations toujours plus 
importantes, d'un risque de défaut du pays sur sa dette et d'une 
détérioration de son industrie pétrolière, ont déclaré vendredi 
des responsables du renseignement américain. 
    Dressant un tableau très sombre de la crise au Venezuela, 
ces responsables disent douter que l'impopulaire président de 
gauche, Nicolas Maduro, convoque un référendum sur son maintien 
au pouvoir cette année malgré les appels répétés de la rue. 
    A l'occasion d'un briefing devant un petit groupe de 
journalistes à Washington, les deux responsables ont estimé que 
Nicolas Maduro ne serait sans doute pas à même de terminer son 
mandat, qui doit se terminer en 2019 après des élections fin 
2008. 
    Un des scénarios "plausibles" verrait Maduro éjecté du 
pouvoir par son propre parti ou d'autre personnalités politiques 
d'envergure, disent-ils, sans exclure la possibilité d'un coup 
d'Etat militaire, même s'il n'y a pour le moment aucune 
indication d'une conspiration en ce sens, ou de défection des 
généraux vis-à-vis du pouvoir. 
    Les responsables ont reconnu à demi-mot que Washington avait 
peu de moyens d'action pour influencer la résolution de la 
crise, la moindre action des Etats-Unis suscitant des soupçons 
d'ingérence au Venezuela.  
    C'est pourquoi Barack Obama souhaite voir des efforts 
"régionaux" pour empêcher le pays de sombrer dans le chaos. 
    "On peut sentir le vent changer. On sait qu'une crise est en 
train d'arriver", a dit l'un des responsables américains. "Nos 
pressions ne résoudront rien", a-t-il ajouté. 
    Lors de mouvements de foule cette semaine, des groupes ont 
volé de la farine, de la viande et même des sous-vêtements dans 
des commerces à l'heure où des biens de première nécessité 
viennent à manquer.   
    Mercredi, l'armée a aspergé de gaz lacrymogènes des 
manifestants qui étaient descendus dans la rue pour réclamer un 
référendum sur la destitution de Nicolas Maduro. 
    Ce dernier a juré qu'il ne se laisserait pas chasser du 
pouvoir avant la fin de son mandat. Il accuse l'opposition de 
préparer un coup d'Etat visant à mettre à bas l'héritage 
socialiste de son prédécesseur, le défunt Hugo Chavez.  
    En 2002, Washington avait soutenu un bref coup d'Etat contre 
Hugo Chavez. Depuis, les relations entre les deux pays restent 
tendues. 
    Les Etats-Unis ne sont pas "opposés" à Caracas, ont insisté  
les deux responsables américains entendus par Reuters, ils 
veulent seulement voir la crise désamorcée, ont-ils ajouté. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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