Les USA "prêts" à une solution militaire contre l'EI en Syrie

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 (Actualisé avec précisions, contexte) 
    par David Dolan et Asli Kandemir 
    ISTANBUL, 23 janvier (Reuters) - Le vice-président américain 
Joe Biden a déclaré samedi que les Etats-Unis et la Turquie 
étaient prêts à une solution militaire contre l'Etat islamique 
en Syrie au cas où un accord politique s'avérerait impossible. 
    Les discussions de paix sur la Syrie doivent en principe 
commencer lundi à Genève, mais cette date apparaît désormais 
incertaine notamment en raison d'un différend sur la composition 
de la délégation représentant l'opposition au président syrien 
Bachar al Assad. 
    "Nous savons bien que ce serait mieux si nous pouvions 
parvenir à une solution politique, mais nous sommes prêts (...), 
si cela n'est pas possible, à avoir une solution militaire à 
cette opération et à sortir Daech (acronyme arabe de l'Etat 
islamique, NDLR)", a déclaré Joe Biden lors d'une conférence de 
presse après avoir rencontré le  Premier ministre turc Ahmet 
Davutoglu. 
    Joe Biden s'exprimait à propos d'une solution militaire en 
ce qui concerne l'EI et non la Syrie tout entière, a par la 
suite précisé un responsable américain.     
    Le vice-président américain a déclaré que les représentants 
des deux pays de l'Otan avaient aussi discuté de la manière dont 
ils peuvent approfondir le soutien aux forces arabes sunnites en 
Syrie qui luttent pour renverser le président syrien Bachar al 
Assad.  
    Saleh Muslim, co-président du Parti de l'union démocratique 
(PYD), principale formation politique kurde en Syrie, a déclaré 
vendredi que les discussions de paix étaient vouées à l'échec si 
les Kurdes syriens n'y étaient pas représentés. 
     
    "MENACE EXISTENTIELLE" 
    Les Etats-Unis font la différence entre le PYD, dont ils 
soutiennent les combattants regroupés dans sa branche militaire 
syrienne, les Unités de protection du peuple (YPG), et le Parti 
des travailleurs du Kurdistan (PKK), formation politique de 
Turquie, en lutte depuis des décennies contre le gouvernement 
d'Ankara. 
    Ankara ne fait pas la distinction. Ahmet Davutoglu a 
réaffirmé samedi la position du gouvernement turc, à savoir que 
les YPG font partie du PKK et sont soutenues par lui. 
    Les YPG ont pris à l'Etat islamique des territoires en Syrie 
en profitant des frappes aériennes de la coalition 
internationale menée par les Etats-Unis et ont déclaré ces 
terres région autonome, au grand dam d'Ankara.  
    Ahmet Davutoglu a déclaré samedi que les YPG étaient une 
menace croissante pour la Turquie. 
    Joe Biden a vertement critiqué le PKK, qu'il a qualifié de 
"groupe terroriste pur et simple". 
    "L'EIIL n'est pas la seule menace existentielle (...), le 
PKK est également une menace et nous en sommes conscients", a 
déclaré le vice-président américain en utilisant un acronyme de 
l'ancien nom de l'Etat islamique.  
    Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a pour sa part 
évoqué la présence turque en Irak. Il a déclaré que l'armée 
turque était en Irak pour repousser l'Etat islamique et 
réaffirmé qu'Ankara respectait l'unité territoriale de l'Irak. 
    Ahmet Davutoglu a déclaré que seule l'opposition syrienne 
"légitime" devait participer aux négociations sur la Syrie. 
    Il a remercié Joe Biden pour s'être rendu à Chypre. Les 
Etats-Unis auront un rôle important à jouer dans les discussions 
 de paix à Chypre, a-t-il dit. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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