Les USA ne veulent pas combattre l'EI, dit un chef chiite irakien

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NADJAF, Irak, 28 juillet (Reuters) - Le chef d'une milice chiite irakienne a dénoncé mardi l'"inefficacité" des frappes aériennes contre l'Etat islamique (EI) et a accusé Washington de ne pas vraiment vouloir combattre les djihadistes en Irak et en Syrie. Kaïs al Khazali, qui dirige le groupe Assaïb Ahl al Haq, soutenu par l'Iran, estime que les Etats-Unis cherchent avant tout à redessiner les frontières dans la région. "Nous pensons que les Etats-Unis d'Amérique ne veulent pas résoudre la crise mais la gérer", a-t-il dit à Reuters. "Ils ne veulent pas en finir avec Daech, ils veulent réaliser leur projet en Irak et dans la région. Ce projet américain, c'est de redessiner (les frontières de) la région." Assaïb Ahl al Haq, avec les brigades Badr et les Kataïb Hezbollah, fait partie des Comités de mobilisation populaire ("Hachid Chaabi"), dans lesquels le gouvernement irakien a regroupé les volontaires décidés à combattre les djihadistes sunnites de l'EI. Pour Khazali, le Premier ministre irakien Haïder al Abadi subit des pressions de la part des Américains pour limiter la présence de combattants chiites dans la province majoritairement sunnite d'Anbar, à l'ouest de Bagdad, que les gouvernementaux tentent de reprendre à l'EI. "Le plan américain", juge-t-il, "c'est d'essayer au moins de limiter la présence des hommes d'Hachid Chaabi autour de Falloudja et de faire en sorte qu'ils n'arrivent pas à Ramadi", la capitale provinciale. Les miliciens ont été accusés d'exactions lors des combats dans les zones sunnites mais "malgré les exagérations des médias, personne ne peut accuser Hachid Chaabi de génocide ou d'avoir tué un seul innocent", assure Khazali. Le dirigeant militaire chiite ajoute qu'une forte méfiance mutuelle empêche ses hommes de coopérer avec les Etats-Unis. "Nous ne voulons pas être engagés dans des secteurs où il y a des frappes américaines", souligne-t-il, en invoquant des risques d'attaques contre ses troupes qui pourraient être présentées ensuite comme des "bavures". "Les Américains ne nous font pas confiance parce que nous leur avons résisté durant l'occupation. Une coopération ne peut être envisagée..." (Samia Nakhoul, Guy Kerivel pour le service français)

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