Les USA minimisent leur absence à la réunion de Moscou sur la Syrie

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    par Yeganeh Torbati 
    WASHINGTON, 21 décembre (Reuters) - Les Etats-Unis ont tenté 
mardi de minimiser leur absence aux discussions de Moscou sur la 
Syrie, où la Russie, l'Iran et la Turquie se sont entendus sur 
une déclaration visant à mettre fin au conflit. 
    "Nous ne sommes pas exclus, nous ne sommes pas 
marginalisés", a déclaré le porte-parole du département d'Etat. 
"Nous réfuterions évidemment toute idée selon laquelle le fait 
que nous n'étions pas à cette réunion est un signe avant-coureur 
ou une épreuve de vérité pour l'influence et le leadership des 
Etats-Unis ici ou ailleurs dans le monde", a ajouté John Kirby. 
    Le secrétaire d'Etat John Kerry, a poursuivi son 
porte-parole, "ne considère pas du tout avoir été snobbé mais la 
voit comme une initiative multilatérale supplémentaire pour 
tenter de parvenir à une paix durable en Syrie et salue tout 
progrès sur cette voie". 
    La réunion de Moscou, après la reprise de l'enclave rebelle 
d'Alep par les forces pro-gouvernementales appuyés par 
l'aviation russe, a pourtant été analysée comme une reprise en 
main du dossier syrien par la Russie et l'Iran, deux des 
principaux alliés du régime de Bachar al Assad, et par la 
Turquie. 
    La "Déclaration de Moscou" adoptée par les ministres des 
Affaires étrangères de cette "troïka" engage Moscou, Téhéran et 
Ankara à "faciliter l'élaboration d'un accord, qui est déjà en 
cours de négociation, entre le gouvernement syrien et 
l'opposition, et d'en être les garants". 
    Les trois pays sont d'accord sur le fait que la priorité 
aujourd'hui en Syrie doit être de lutter contre le terrorisme, 
pas d'orchestrer un changement de régime à Damas, a précisé le 
chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.   
    Pour Dennis Ross, ancien conseiller présidentiel spécialiste 
de l'Iran et du Moyen-Orient aujourd'hui chercheur au Washington 
Institute for Near East Policy, les Etats-Unis se sont eux-mêmes 
mis hors jeu dans le dossier syrien.  
    "L'opposition (syrienne) n'a guère de raison de se montrer 
sensible à nous ou à Assad. Les Russes et l'Iran savent que nous 
ne ferons rien pour leur faire payer plus chèrement leur 
offensive contre Alep et d'autres villes syriennes", 
explique-t-il. "La Russie, qui a changé l'équilibre des forces 
sur le terrain, sans égard pour les conséquences sur les civils, 
s'est transformée en arbitre", ajoute-t-il. 
    Sous couvert de l'anonymat, un responsable de 
l'administration Obama a reconnu que l'absence des Etats-Unis 
dans les discussions sur l'évacuation de l'enclave rebelle 
d'Alep était une manière pour la Russie de démontrer que c'est 
désormais Moscou, et non Washington, qui mène la danse. 
    "Nous avons laissé nos divergences avec la Turquie sur les 
Kurdes et nos analyses sur la partie nord de la Syrie créer des 
fossés que les Russes ont exploités", a-t-il ajouté. 
 
 (avec David Alexander; Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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