Les USA font voler 2 bombardiers au-dessus de la Corée du Sud

le , mis à jour à 08:12
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 (Actualisé avec réaction de la Corée du Nord, 4e et 5e paras, 
et présidente sud-coréenne, paras 14 et 15) 
    par James Pearson et Ju-min Park 
    SEOUL, 13 septembre (Reuters) - Les Etats-Unis ont fait 
voler mardi deux bombardiers supersoniques B-1 Lancer au-dessus 
de la Corée du Sud, dans ce qui s'apparente à une démonstration 
de force et de solidarité avec leur alliée après le cinquième 
essai nucléaire de la Corée du Nord vendredi. 
    Les deux appareils, escortés de chasseurs sud-coréens et 
américains, ont volé à basse altitude au-dessus de la base 
aérienne d'Osan, située à 77 km de la zone démilitarisée entre 
les Corées du Nord et du Sud. 
    Ce vol était prévu lundi mais il a été reporté en raison des 
mauvaises conditions météorologiques à Guam, où ces bombardiers 
sont stationnés. 
    L'agence de presse officielle nord-coréenne, KCNA, écrit 
mercredi que la colère de l'opinion publique "explose comme un 
volcan" à l'encontre du survol de la Corée du Sud par ces B-1 
Lancer américains. 
    "Les sanctions, les provocations et les pressions ne 
pourront entamer notre statut de puissance nucléaire, et les 
diaboliques provocations politiques et militaires n'aboutiront 
qu'à un flot d'attaques nucléaires irréfléchies qui provoqueront 
l'anéantissement final", prévient KCNA. 
    S'exprimant à Séoul, l'émissaire des Etats-Unis pour la 
Corée du Nord a jugé nécessaire une réaction rapide et puissante 
de la part du Conseil de sécurité des Nations unies après le 
nouvel essai nucléaire nord-coréen. 
    "Notre intention est d'obtenir le plus rapidement possible 
la résolution la plus forte possible contenant de nouvelles 
sanctions", a dit Sung Kim. 
    Il a ajouté que les Etats-Unis allaient travailler avec la 
Chine, principal appui de la Corée du Nord sur la scène 
internationale, pour combler les failles dans les résolutions 
existantes alors que les sanctions contre Pyongyang ont déjà été 
renforcées en mars avec la collaboration de Pékin.   
    "La Chine a dit très clairement qu'elle comprenait la 
nécessité d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de 
l'Onu en réaction au dernier essai nucléaire nord-coréen", a dit 
Sung Kim. 
     
    RÉTICENCES SINO-RUSSES 
    La Chine et la Russie, qui s'opposent fermement à la récente 
décision des Etats-Unis et de la Corée du Sud de déployer un 
système antimissile perfectionné sur le territoire de cette 
dernière, paraissent néanmoins réticentes à faire adopter de 
nouvelles sanctions. 
    "Les deux parties pensent que l'essai nucléaire de la Corée 
du Nord ne bénéficie pas à la paix ni à la stabilité sur la 
péninsule coréenne", écrit mardi le Quotidien du Peuple, organe 
du pouvoir chinois, après une rencontre à Pékin entre 
responsables de la sécurité de la Chine et de la Russie. 
    "Pour le moment, nous devons travailler avec acharnement à 
ce que la situation ne dégénère pas davantage sur la péninsule 
et à remettre la question de la nucléarisation de la péninsule 
sur la voie du dialogue et de la consultation", ajoute le 
journal. 
    Bien que certains parlementaires sud-coréens le réclament, 
Sung Kim a jugé qu'il n'était pas nécessaire de redéployer un 
arsenal nucléaire en Corée du Sud. 
    A Séoul, la présidente Park Geun-hye maintient son discours 
de fermeté envers le Nord. 
    "Je souhaite que notre gouvernement et notre armée restent 
tout à fait prêts à riposter, déterminés à en finir avec le 
régime de Corée du Nord lorsque ce pays tirera ne serait-ce 
qu'un missile à tête nucléaire en direction de notre pays", 
a-t-elle dit lors d'un conseil des ministres. 
    L'émissaire américain a assuré que les Etats-Unis étaient 
prêts à discuter avec la Corée du Nord dans un cadre 
multilatéral. Pyongyang rejette l'exigence de Washington, qui 
lui demande d'accepter le principe d'une dénucléarisation comme 
condition d'un dialogue. 
    "La question est de savoir quels sont les intentions et le 
degré d'engagement nord-coréens. Si la Corée du Nord est prête à 
discuter avec nous sincèrement, je pense que nous pouvons 
travailler dans le cadre de la procédure à six", a dit Sung Kim. 
    Les négociations à six destinées à mettre fin au programme 
nucléaire militaire de Pyongyang impliquent les deux Corées, les 
Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon. Elles sont dans 
l'impasse depuis 2008. 
 
 (Avec Kim Do-gyun à Osan et Ben Blanchard à Pékin; Bertrand 
Boucey et Eric Faye pour le service français) 
 
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