Les USA encouragent à respecter l'arbitrage sur la mer de Chine

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    par David Brunnstrom et Jeff Mason 
    WASHINGTON, 13 juillet (Reuters) - Les Etats-Unis ont 
apporté mardi leur soutien à la décision de la Cour permanente 
d'arbitrage (CPA) de La Haye, qui a rejeté les revendications de 
Pékin en mer de Chine méridionale, estimant qu'elle devait être 
considérée comme définitive et contraignante et ne pas donner 
lieu à un regain de tension. 
    "Nous exhortons toutes les parties à ne pas l'utiliser pour 
se lancer dans la surenchère ou la provocation", a déclaré à la 
presse le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest, à 
bord de l'avion présidentiel. 
    La Cour permanente d'arbitrage (CPA) de La Haye a donné 
mardi gain de cause aux Philippines, jugeant qu'il n'y avait 
"aucun fondement juridique pour que la Chine revendique des 
droits historiques sur des ressources dans les zones maritimes" 
de la majeure partie de la mer de Chine du Sud.   
    Pékin, qui avait boycotté les audiences à la CPA, n'a pas 
tardé à réagir, rejetant catégoriquement un jugement "nul et non 
avenu". Le président Xi Jinping a souligné que la Chine 
n'accepterait pas ce jugement, tout en restant vouée à maintenir 
la paix et la stabilité dans la région.  
    Les Etats-Unis, que Pékin accuse de souffler sur les braises 
en procédant à des manœuvres et à des patrouilles dans la 
région, le jugent quant à eux sans appel. 
    Un haut responsable du département d'Etat a dit que les 
Etats-Unis encourageaient les parties à tirer profit de 
l'arbitrage pour tenir des discussions diplomatiques en vue de 
résoudre les différends qui subsistent. 
    "Une fois que la poussière sera retombée et que les discours 
s'atténueront, cette décision ouvrira la voie à des discussions 
très concrètes et potentiellement productives entre les diverses 
parties, notamment parce que l'arbitrage réduit considérablement 
l'étendue géographique des zones concernées", a-t-il dit lors 
d'une conférence téléphonique. 
     
    ARBITRAGE ET NÉGOCIATION 
    Une première occasion de dialogue devrait se présenter entre 
le 21 et le 26 juillet, date de la une réunion des ministres des 
Affaires étrangères des pays de l'Association des nations de 
l'Asie du Sud-Est (ASEAN) au Laos. Le secrétaire d'Etat 
américain John Kerry et le ministre chinois des Affaires 
étrangères Wang Yi devraient y être présents. 
    Pékin revendique des droits historiques sur la zone de mer 
de Chine méridionale, riche en ressources énergétiques, 
minérales et halieutiques, et notamment sur les îles Paracels et 
Spratleys. Ces revendications sont contestées par Taïwan et les 
autres pays riverains (Philippines, Vietnam, Bruneï, Malaisie). 
    Daniel Kritenbrink, conseiller de Barack Obama pour l'Asie, 
a assuré que Washington n'avait aucun intérêt à attiser les 
tensions, y compris pour justifier une présence militaire.  
    "Nous avons un intérêt durable à ce que les contentieux 
maritimes de la région Asie-Pacifique, notamment en mer de Chine 
méridionale, soient résolus pacifiquement, sans coercition et 
conformément au droit international", a-t-il assuré.   
    "Nous ne fermerons pas les yeux sur cette importante voie 
navigable en échange d'une coopération ailleurs dans le monde", 
a-t-il toutefois ajouté. 
    Le sénateur républicain John McCain, président de la 
commission des services armés du Sénat, ainsi que le républicain 
Dan Sullivan, ont appelé mardi les autres pays voisins, et 
notamment le Vietnam, à poursuivre la résolution des différends 
maritimes par l'arbitrage et la négociation. 
     
    "LA ROUTE DE L'INTIMIDATION" 
    "La Chine est confrontée à un choix : elle peut choisir 
d'être guidée par le droit international, les institutions et 
les normes. Ou elle peut choisir de les rejeter et de suivre la 
route de l'intimidation et de la coercition", disent-ils dans un 
communiqué. 
    Les deux sénateurs jugent que les Etats-Unis devraient 
"contester régulièrement les requêtes maritimes excessives de la 
Chine" grâce à des patrouilles en mer et dans les airs, et 
asseoir de manière claire l'intérêt des Etats-Unis pour prévenir 
la militarisation par la Chine de zones clés de la région. 
    John Kirby, porte-parole du département d'Etat, a fait état 
de signes récents témoignant de la militarisation croissante de 
la zone à l'initiative de la Chine.  
    Les probables candidats à l'élection présidentielle du 8 
novembre, Hillary Clinton et Donald Trump, ont tous deux appelé 
à respecter l'arbitrage de la juridiction internationale. 
    Peter Navarro, professeur d'économie et conseiller du 
républicain Donald Trump pour la Chine, a estimé: "Il est 
important de réitérer que la liberté de navigation et de survol 
est un principe clé de l'ordre fondé sur les règles 
internationales et qu'il doit être respecté par toutes les 
parties". 
    La démocrate Hillary Clinton a estimé quant à elle que la 
stratégie dite "du pivot" poursuivie par Obama dans la région, 
qui entretient un réseau d'alliés pour contrebalancer la 
puissance chinoise, serait un point de départ pour les futures 
politiques américaines dans la région. 
    "Il est important que toutes les parties respectent cet 
arbitrage et continuent de chercher des moyens pacifiques et 
multilatéraux pour résoudre les disputes entre elles. Le 
leadership américain -- partant du pivot du gouvernement Obama 
en Asie -- sera clé pour soutenir nos partenaires et nos alliés 
dans ces efforts." 
 
 (Avec Yara Bayoumy, Patricia Zengerle, Doina Chiacu, Emily 
Stephenson, Lesley Wroughton et Amanda Becker; Julie Carriat 
pour le service français, édité par Danielle Rouquié) 
 
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