Les USA attendent des efforts iraniens sur le nucléaire

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* Les discussions reprendront mardi * Pas sûr que la date butoir du 31 mars puisse être respectée * Fabius: des progrès; des points importants restent à résoudre (Actualisé avec fin de la réunion, citations) par Lesley Wroughton et Parisa Hafezi LAUSANNE, Suisse, 16 mars (Reuters) - Les Etats-Unis et l'Iran ont légèrement progressé sur la voie d'un règlement politique du contentieux entourant le programme nucléaire iranien mais Washington attend de Téhéran la prise de décisions capables de dissiper les craintes sur ses ambitions atomiques. Les cinq heures d'entrevue entre John Kerry et son homologue iranien Mohammed Javad Zarif lundi à Lausanne n'ont pas dissipé les divergences d'appréciation sur cette question. La délégation iranienne a ensuite rencontré dans la soirée à Bruxelles les ministres européens des Affaires étrangères. S'exprimant après l'entrevue entre Kerry et Zarif, un responsable américain a admis ne pas être certain que la date butoir du 30 mars fixée pour l'établissement d'un accord-cadre entre l'Iran et le groupe P5+1 puisse être respectée. "Nous essayons d'y arriver mais honnêtement nous ne savons pas si nous y parviendrons", a dit ce responsable ayant requis l'anonymat. "L'Iran doit encore faire des choix très difficiles et nécessaires pour dissiper les importantes inquiétudes qui demeurent à propos de son programme nucléaire", a-t-il dit. La délégation iranienne a évoqué lors de l'entrevue la lettre envoyée par 47 sénateurs républicains affirmant que tout accord conclu par l'administration Obama pourrait être remis en cause par le Congrès. "Ce genre d'initiative n'aide pas lorsque vous traitez d'un sujet aussi grave", a jugé ce responsable. Les discussions doivent reprendre mardi. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a résumé cette situation où l'incertitude le dispute à l'espoir. "Nous voulons un accord mais seulement si cet accord est très solide. Il y a eu des progrès mais il demeure des points importants qui ne sont pas résolus", a-t-il déclaré devant la presse à Bruxelles. ÉCART SUBSTANTIEL Le calendrier pourrait être perturbé par les fêtes du Nouvel an perse, qui débutent samedi. Des responsables proches des discussions ont estimé qu'il pourrait être difficile de parvenir à un accord avant cette date. Les discussions reprendraient alors dans les derniers jours de mars. Mohammed Zarif a affirmé que les délégués devaient poursuivre les négociations cette semaine afin de voir ce qui pouvait être accompli. "Sur certains sujets, nous sommes proches d'une solution et en tenant compte de cela on peut dire qu'une solution est à portée de main. Dans le même temps, nous sommes en désaccord sur d'autres sujets", a dit le ministre iranien. Techniquement, les négociateurs ont jusqu'au 30 juin pour finaliser tous les détails d'un compromis. L'Iran et les puissances du P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) veulent s'entendre d'ici la fin du mois sur un accord-cadre avec l'objectif de boucler d'ici la fin juin des négociations lancées en 2003. En échange d'une levée des sanctions, l'Iran, qui affirme que son programme n'a que des usages civils, accepterait de limiter ses capacités d'enrichissement d'uranium, étape indispensable à la fabrication de la bombe atomique, et serait l'objet d'un mécanisme de vérification de ses engagements. A Bruxelles, la Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, a pour sa part dit avoir eu des discussions constructives avec Mohammad Javad Zarif, et dit son espoir qu'elles permettraient de parvenir à un accord nucléaire avec l'Iran. "Je suis persuadée que cette réunion aidera à faire avancer les négociations dans les jours et les semaines à venir", a déclaré Federica Mogherini à la presse en précisant que tous les points faisant problème avaient été abordés. Une source diplomatique européenne a toutefois souligné qu'il y avait encore des points de désaccords importants et qu'il n'était pas certain que les points posant problème puissent être résolus dans les prochains jours. "La discussion a été longue et approfondie, mais elle n'a pas permis de rapprocher les points de vue," a-t-on indiqué. "Il demeure un écart substantiel entre les positions des Six et celles de l'Iran, et il n'est pas certain que cela puisse être comblé dans les jours qui viennent", a-t-on ajouté. (Avec Robin Emmott à Bruxelles, John Irish à Paris et Angus McDowall à Ryad; Henri-Pierre André, Eric Faye, Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français)

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