Les Turcs aux urnes, Erdogan vise la majorité absolue

le , mis à jour à 11:30
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* Elections anticipées dans une période de forte tension * L'AKP aura du mal à retrouver une majorité absolue-sondages * L'idée d'une coalition a la faveur des alliés de la Turquie (Actualisé avec citations Demirtas, précisions) par Jonny Hogg et Daren Butler ANKARA/ISTANBUL, 1er novembre (Reuters) - Les Turcs sont de retour aux urnes ce dimanche pour des élections législatives anticipées qui pourraient profondément modifier l'évolution d'un pays en proie à une insécurité accrue trois semaines après l'attentat d'Ankara. C'est la seconde fois en cinq mois que les électeurs sont appelés à désigner leurs députés. En juin dernier, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan avait perdu la majorité absolue qu'il détenait depuis 2002. D'une élection à l'autre, la Turquie, qui doit également faire face aux conséquences de la guerre en Syrie voisine, a été le théâtre d'une série d'attentats meurtriers. A Suruç, près de la frontière syrienne, un kamikaze a fait 34 morts en juillet. A Ankara, le 10 octobre dernier, deux kamikazes de l'Etat islamique se sont fait exploser au milieu d'une manifestation pacifiste, faisant plus de 100 morts. Dans le même temps, le président Erdogan a déclaré une "guerre synchronisée" à la fois contre l'Etat islamique en Syrie mais aussi et surtout contre les séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le cessez-le-feu qui était en vigueur depuis 2012 a volé en éclats. Au milieu de cette tension, la campagne électorale est restée très discrète: peu d'affiches, peu de drapeaux et peu de bus de campagne sillonnant les rues. Recep Tayyip Erdogan a présenté ce scrutin comme un tournant pour la Turquie. "Cette élection, a-t-il dit samedi après avoir prié dans une nouvelle mosquée d'Istanbul, portera sur la poursuite de la stabilité et de la confiance." Le dirigeant historique du parti islamo-conservateur ne fait pas mystère de sa volonté de transformer la Turquie en un régime présidentiel, mais une telle modification de la constitution requiert une majorité qualifiée qui semble hors d'atteinte. CEUX QUI ONT DONNÉ LEUR VIE "La Turquie n'a pas de temps à perdre. La journée de dimanche sera un point de rupture pour notre pays. Si notre peuple donne une chance (de gouverner) à un unique parti, la stabilité continuera", a-t-il jeudi soir dans l'immense palais qu'il s'est fait construire à Istanbul. Ses adversaires estiment que ces législatives anticipées, provoquées par l'incapacité de l'AKP à nouer un accord de gouvernement avec une des trois autres formations représentées au Parlement, constituent un coup de poker tenté par Erdogan. Les instituts de sondage estiment dans l'ensemble que l'AKP est en mesure d'améliorer son score des élections de juin, où il avait réuni 40,9% seulement des suffrages, mais qu'il lui sera difficile de retrouver sa majorité absolue. Un sondage de l'institut A&G Research publié jeudi crédite l'AKP d'un peu plus de 47% des intentions de vote, ce qui lui donnerait entre 285 et 290 des 550 députés du Parlement. A défaut, l'AKP pourrait être contraint de revenir à la table des négociations pour tenter de forger une alliance avec les laïcs du Parti républicain du peuple (CHP) ou le Parti d'action nationaliste (MHP). La répression contre les séparatistes kurdes pourrait aussi susciter un élan nationaliste en faveur de l'AKP et faire baisser le Parti démocratique des peuples (HDP). La formation co-présidée par Selahattin Demirtas, issu du mouvement pro-kurde mais qui a su élargir son audience à d'autres minorités, a réussi en juin pour la première fois à entrer au Parlement. "La paix et le calme, c'est tout ce que les Turcs veulent et dont ils ont besoin plus que tout", a déclaré Selahattin Demirtas après avoir voté à Istanbul. "J'espère que de bons résultats électoraux apporteront du réconfort aux familles dans la souffrance de ceux qui ceux qui ont donné leurs vies pour la paix, la liberté et la démocratie." Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 (04h00 GMT) dans l'est du pays et une heure plus tard dans le reste du pays. Les opérations de vote se dérouleront jusqu'à 13h00 GMT dans l'est, 14h00 GMT dans l'ouest. Les résultats ne pourront être annoncés avant 18h00 GMT, mais la commission électorale lève souvent l'interdiction avant l'heure officielle. RENVOI TABLEAU du Parlement sortant ID:nL8N12V10P (Avec Humeyra Pamuk, Ayla Jean Yackley et Can Barut à Ankara et Melih Aslan in Istanbul; Nicolas Delame, Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

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